Le PTB appelle la ministre Linard à faire contribuer davantage les géants du web pour financer la culture

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Obliger les géants du web comme Netflix, Disney ou Amazon à reverser une part conséquente de leur chiffre d'affaires dans la création locale, c’est possible. « À l’heure actuelle, le taux de contribution de Netflix, Disney ou Amazon est 10 fois plus important en France qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles, souligne Amandine Pavet, députée PTB à la Fédération Wallonie-Bruxelles. La ministre de la Culture Bénédicte Linard (Ecolo) doit expliquer les raisons d'un tel écart. »

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Une fois n’est pas coutume, c’est l'Union européenne qui encourage ses États membres à faire contribuer les multinationales à la création locale, via la directive sur les services de médias audiovisuels (SMA). Cet été, un taux variant de 20 à 25 % sur le chiffre d'affaires net a été adopté chez nos voisins. En Fédération Wallonie-Bruxelles, le taux de contribution de 2,2 % a été choisi quelques mois plus tôt lors de la discussion à la hâte sur le décret SMA. « Le débat n’est pas encore suffisamment mûr », a justifié la ministre Linard, alors que le secteur dénonçait déjà à l’été 2020 que les pourcentages prévus étaient clairement insuffisants. 

« Huit mois plus tard, rien n’a bougé concrètement, pointe Amandine Pavet. En attendant, il y a beaucoup à perdre. Rien qu’avec Netflix, c’est 16 millions d’euros supplémentaires qui pourraient être investis dans le secteur culturel grâce au million d’abonnements vendus en Belgique. Imaginons un instant tous les films, séries, documentaires qui pourraient être financés en Fédération Wallonie-Bruxelles, et l’impact positif que cela pourrait avoir tant pour les abonnés que pour les travailleurs et travailleuses de la culture. »

Aujourd’hui, les représentants du secteur de l’audiovisuel présentent leur proposition aux éditeurs nationaux. « La ministre tente de trouver un consensus entre deux parties ayant des intérêts opposés, poursuit la députée de gauche. Pour le PTB, c’est une illusion. Il s'agit au contraire de poser des choix politiques forts et de faire en sorte que ceux qui se sont largement enrichis durant la crise permettent à ceux qui en ont terriblement souffert de se relever. Netflix, par exemple, a vu son chiffre d’affaires augmenter de 21,5 %. Les géants du web doivent contribuer dès maintenant à la hauteur de leurs capacités et soutenir davantage le secteur culturel, qui continue à être lourdement impacté. »