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Le coût de la vie va tellement augmenter en 2021 et 2022 (+ 4,3 %) qu’il dépassera l’indexation des salaires (+3,2 %) et les hausses salariales maximales (+ 0,4 %) imposées par le gouvernement combinées. Le pouvoir d’achat de la population active va donc baisser d’au moins 0,7 % en 2021-2022. C’est ce que montrent les chiffres récents de la Banque Nationale Belge (BNB). 

Pour quelqu’un avec un salaire moyen, cela représente une perte de pouvoir d’achat de 317 euros par an. Le PTB demande des mesures urgentes pour inverser la tendance. Concrètement, le parti de gauche demande qu’aucun Arrêté royal de blocage des salaires ne soit pris et que les négociations salariales puissent se dérouler librement dans les secteurs.

Les dernières statistiques de la BNB sont formelles : le coût de la vie va augmenter de 4,3 % en 2021-2022.(1) Ce sont surtout les prix de l’énergie (+ 20 % en 2021), des produits alimentaires et des services qui vont augmenter. Mais l’indice « santé », sur base duquel les salaires sont adaptés, n’augmentera que de 3,2 %, selon la Banque nationale. En effet, cet indice ne tient pas compte de l’augmentation du prix des carburants. 

« Cette situation est inacceptable, réagit Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB. Depuis des mois, malgré la pandémie, les travailleurs se sont battus contre le blocage des salaires. Et on les comprend : ce sont eux qui ont fait tourner le pays pendant la pandémie. On les comprend d’autant plus que de nombreuses grandes entreprises arrosent leurs actionnaires en dividendes. » Le porte-parole du parti de gauche pointe entre autres les entreprises du BEL20, qui ont versé cette année 5 milliards d’euros de dividendes, 

Raoul Hedebouw ajoute : « Cette situation montre une nouvelle fois que la loi de blocage des salaires est dépassée. Elle doit être réformée, comme feu mon collègue Marc Goblet et moi-même l’avons proposé. Cette situation justifie aussi le refus syndical de suivre le gouvernement dans sa politique de blocage salarial. Si le gouvernement ne change pas son fusil d’épaule, les années qui viennent risquent de chauffer socialement. »

Concrètement, le PTB propose deux mesures :

  • à court terme, renoncer à limiter la hausse des salaires à 0,4 % maximum en ne signant aucun Arrêté royal allant dans ce sens ;
  • revoir la loi de 1996 selon la proposition Goblet-Hedebouw (2) pour retrouver enfin une liberté structurelle dans la négociation salariale.

(1) Indicateurs économiques pour la Belgique N° 2021-26 2021-07 02 - Lien
(2) Voir proposition de loi Goblet - Hedebouw - Lien

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