Photo Solidaire

Discours prononcé par Peter Mertens à Anvers pour le « Grand Kick-Off » (le grand lancement de la campagne électorale à Anvers) le 17 juin 2018.

Chers camarades, chers amis,

Merci pour votre présence massive aujourd'hui. Cela fait vraiment plaisir. La salle de la Zuiderpershuis est bien trop petite pour votre grand enthousiasme.

Vous avez devant vous une tête de liste qui est très fière. Mais Wannes Van de Velde (chanteur populaire engagé anversois, NdlT) le savait déjà : « Un chanteur, c'est un groupe », une équipe. Et quelle équipe nous avons, quelle équipe, chers amis ! Plus jeune que jamais, plus syndicale que jamais, plus diverse que jamais, plus culturelle que jamais.

En ces temps de discours haineux, nous présentons une liste qui unit vraiment, une liste qui est un miroir de la ville

En ces temps où des militants syndicaux sont traînés en justice pour des procès politiques, nous avons plus que jamais des syndicalistes sur notre liste, et nous sommes particulièrement fiers de pouvoir présenter sur notre liste Tom Devoght, le délégué principal – poursuivi – d'Arlanxeo, afin de défendre les libertés syndicales.  En ces temps de déshumanisation, de Matteo Salvini en Italie à Theo Francken chez nous, nous sommes particulièrement heureux de pouvoir accueillir sur la liste Enchieh Jozaghi et Sonja Van Giel qui, jour après jour, s'engagent pour un accueil humain des réfugiés. En ces temps de record sur record dans le port d'Anvers, nous ne présentons pas sur la liste un ancien membre de la direction du magnat Fernand Huts, mais bien des travailleuses et travailleurs portuaires, comme Astrid Goossens et Ivan Heyligen, ceux qui font tout le travail dans le port, et ce sont eux qui battent vraiment les records. En ces temps de discours haineux qui montent les gens les uns contre les autres, nous présentons une liste qui unit vraiment, une liste qui est un miroir de la ville, une des listes les plus diversifiées de la ville.

Et c'est nécessaire, chers amis et camarades. Car, alors que la ville s'enrichit de plus en plus, le peuple d'Anvers, lui, s'appauvrit. D'année en année. Plus d'un quart des bébés qui naissent dans cette ville naissent dans la pauvreté. Plus d'un quart : 27,6 % pour être exact. C'est un niveau historique !

Plus d'un quart des enfants grandissent dans la pauvreté, et le majorité en place continue à dire que « tout va bien »

Et que disent alors nos autorités communales ? « Nous ne changerons pas notre politique. » Il y a un film français, La Haine, dans lequel un jeune homme tombe d'un appartement situé au cinquantième étage. Et, pendant qu'il tombe, il dit, d'un étage à l'autre : « Jusqu'ici, tout va bien. » Ça, c'est comme nos autorités communales en pleine dégringolade. Plus d'un quart des enfants grandissent dans la pauvreté, et le majorité en place continue à dire que « tout va bien ».

Bien sûr que nous pouvons nous remédier à la pauvreté, bon sang ! Avec des logements à des prix abordables. Avec un salaire minimum enfin porté au-dessus du seuil de pauvreté européen. Avec l'aide d'un travail social fort sur le terrain. Avec des centres de soins de proximité dans chaque quartier de la ville. Et avec une vision, chers amis. Une vision qui dit que le bien-être de la population doit être la première de toutes les lois.

Et ce n'est pas le cas. Car dans cette ville, tout augmente, sauf le bien-être. La pauvreté augmente, la pollution atmosphérique augmente, les prix des habitations augmentent, les embouteillages et bouchons sur les routes augmentent et le discours de haine augmente. Tout augmente, sauf le bien-être.

Cela ne peut pas continuer comme ça. Il est temps de reconquérir la ville. Il est temps de reconquérir la ville sur les promoteurs immobiliers, sur les semeurs de haine et sur ceux qui décident entre eux en coulisse. Nous commençons aujourd'hui, avec un mouvement venu d'en bas, avec un grand cœur de rebelle.

Notre programme n'a pas été rédigé dans un bureau, il a été composé en dialogue avec des milliers de personnes

Oui, le PTB est un parti de « gueux », un parti de rebelles, parce que, en ces temps de droitisation et de déshumanisation, il faut être rebelle quand on a un grand cœur.

Nous n'avons pas seulement un grand cœur. Nous avons également un grand programme : 183 pages, pour être précis. Un programme en béton armé, et pour deux raisons.

Premièrement : il n'a pas été rédigé dans un bureau. Mais il a été composé en dialogue avec des milliers de personnes. Il s'appuie sur 8 700 questionnaires effectués à Anvers, présentés lors de 13 soirées de réflexion et concertation dans tous les quartiers anversois, rédigés par plus de 70 personnes enthousiastes qui, jour après jour, sont actifs sur le terrain.

Deuxièmement : dans ce programme, il y a une vision, un fil rouge. Un fil rouge pour une ville à la mesure des gens. Une ville qui n'est pas tracée dans des restaurants chers comme « ’t Fornuis », une ville qui n'est construite selon les desiderata de Land Invest Group, Triple Living ou Vooruitzicht, une ville qui n'est pas centrée uniquement sur les classes supérieures et sur l'attirance des riches touristes que leur croisière peut mener jusqu'à la cathédrale.

Lors de l'une de ces soirées de réflexion, une femme est venue vers nous. Diane. Et Diane a dit : « J'ai passé toute ma vie au Zuid. Mais quand ils ont tout rénové, là, je n'ai plus pu payer. Et aujourd'hui, j'habite au Dam. Mais j'ai peur de ne bientôt plus pouvoir payer au Dam non plus. » Et les gens dans ce cas sont nombreux.

Nous voulons que Diane puisse habiter dans la ville. Que la ville soit pour ses habitants. Nous voulons des quartiers vivables. Ce n'est pas si difficile. Qu'est-ce que c'est, des quartiers vivables ? Ce sont des quartiers où l'on peut se loger à des prix abordables, où il y a une bonne école tout près, où il y a de l'air sain et beaucoup de verdure, où il y a des bibliothèques de quartier et des bureaux de poste, où il y a des agents de quartier à qui on peut s'adresser et aussi des centres de soins de proximité. C'est ça, des quartiers vivables.

Tout commence dans le quartier. Anvers à la mesure des gens, c'est Anvers à la mesure des quartiers, et pas à la mesure de l'argent.

De Wever veut faire construire la tour de police la plus chère d'Europe, qui va coûter 290 millions d'euros. Avec ça, on peut rendre les transports publics anversois gratuits pendant dix ans

Il ne m'est pas possible ici de partager avec vous toutes les propositions du programme. Il y en a effectivement 499. Quatre cent nonante-neuf propositions pour une ville à la mesure des gens. Nous voulons introduire en ville le principe de l'accès public, comme en Suède. Nous voulons fonder une entreprise urbaine de l'énergie, qui fournira à Anvers de l'énergie verte. Nous voulons un label de conformité de logement, pour toutes les habitations du marché privé. Nous voulons faire d'Anvers une ville neutre en carbone d'ici 2035. Nous voulons une maison médicale sociale dans chaque quartier. Il y a bien trop de propositions pour les citer toutes.

Nous avons déjà présenté de nombreux points de notre programme, mais je vais encore en citer un : la gratuité des transports publics en ville. Bien sûr que c'est financièrement possible. C'est une question de choix. De Wever entend installer un « Centre Pompidou » à Anvers, mais pas pour la culture, non, mais pour la police. De Wever veut faire construire à Anvers la tour de police la plus chère d'Europe, une tour qui va nous coûter 290 millions d'euros. Avec cette somme, à Anvers, on peut rendre les transports publics gratuits pendant dix ans. C'est une question de choix.

Avec des transports publics attractifs et gratuits, on sort le trafic de la ville. Cela existe déjà aujourd'hui dans 20 villes européennes et, cette année, il y aura encore cinq nouvelles villes en Allemagne qui vont se lancer dans les transports publics gratuits, parce que c'est tout simplement la meilleure solution contre la pollution atmosphérique et contre les particules fines.

Chers amis et camarades, ce que sera le résultat des élections, nous ne le savons pas. On ne peut pas affirmer clairement que la ville va basculer à gauche, ou à droite. Comme pour une balance, quand on ne voit pas clairement de quel côté l'aiguille va pencher. Parfois, on a besoin d'un poids en plus, ce poids même qui va faire pencher la balance du bon côté. Ce poids, c'est un poids déterminant, et ce poids, c'est le PTB, chers amis.

Jamais une voix pour le PTB n'a été aussi utile qu'aujourd'hui. Non seulement en octobre, mais aussi l'an prochain, pour les élections régionales et fédérales

Je vais laisser la parole au bourgmestre en personne. « Si, en octobre, Anvers bascule vers la gauche, avec le PTB dedans, alors, l'an prochain, le gouvernement flamand et le gouvernement fédéral basculeront eux aussi à gauche. » C'est ce qu'a déclaré Bart De Wever dans le journal ce week-end. Si, en octobre, la ville bascule vers la gauche, avec le PTB, alors, l'an prochain, le gouvernement flamand et le gouvernement fédéral suivront.

Qu'est-ce que nous attendons encore, en fait ? Aujourd'hui, ici, nous commençons notre campagne. Jamais une voix pour le PTB n'a été aussi utile qu'aujourd'hui. Non seulement en octobre, mais aussi l'an prochain, pour les élections flamandes et les élections fédérales, pour les pensions et la lutte pour celles-ci, pour le droit à un travail décent au lieu de jobs bidon et de flexi-jobs, pour les libertés syndicales et pour une politique d'asile humaine. Étape par étape, nous travaillons au mouvement d'en bas pour faire pencher la balance. Et, comme le dit le bourgmestre : c'est dans cette ville que le PTB va amorcer ce basculement, en guise de première étape pour le basculement de la politique dans tout le pays.

Mais cela n'ira pas de soi. J'ai besoin de vous.

Nous ne sommes pas un parti de collaborateurs de cabinet grassement payés. Nous sommes un parti de membres et de bénévoles.Nous avons besoin de chacun d'entre vous, un par un.

Chaque voix va compter pour faire pencher la balance à gauche, pour faire en sorte que le poids du PTB soit déterminant

Nous avons besoin de vous pour trois défis:

PREMIÈREMENT

Chaque voix compte. Il n'y a qu'une façon de faire en sorte que les voix comptent, c'est en les récoltant et en les comptant vraiment et concrètement. Nous cherchons des centaines de bénévoles qui, chacun, apporteront 5, 10 ou 15 voix au PTB. Qui demanderont à chaque femme, à chaque homme, un à un, s'ils veulent voter pour le PTB en tant qu'alternative sociale pour notre ville.Ce seront des dizaines de milliers de discussions, et ça commence aujourd'hui, chers amis. Chaque homme, chaque femme, l'un et l'une après l'autre, jusqu'à ce que nous soyons sûrs que le poids du PTB sera déterminant.

DEUXIEMEMENT

Cinq cents affiches. Chaque mois, juste avant le conseil communal, je siège avec les dirigeants des groupes politiques. Une réunion avec De Wever, Dewinter, Kennis, Marinower et d'autres encore. Lors de la dernière réunion du genre, De Wever m'a dit : « Spécialement pour vous, les autorités communales ont décidé de ne pas installer de panneaux électoraux publics, car c'est laid. »

Placez une affiche à votre fenêtre. Colorez la ville, chers amis, car c'est nécessaire

Quelle hypocrisie ! Car, entre-temps, la ville déborde de panneaux publicitaires géants de 20 mètres carrés et des autobus de campagne à l'américaine sillonnent la ville en tous sens et vont même chercher les enfants dans les écoles. Ceux qui ont de l'argent se croient tout permis. Eh bien, notre réponse, c'est vous. Placez une affiche à votre fenêtre. Colorez la ville, chers amis, car c'est nécessaire. Et faites en sorte que, cet été, cinq cents affiches soient placées aux fenêtres. Faites en sorte que nulle part, les autorités communales ne puissent débarquer sans voir une affiche du PTB placée à une fenêtre.

TROISIÈMEMENT

Depuis cinq ans, le gouvernement fédéral refuse de nous octroyer les subsides auxquels nous avons légitimement droit

L'argent. Nous avons besoin d'argent. Depuis cinq ans, le gouvernement fédéral refuse de nous octroyer les subsides auxquels nous avons légitimement droit. Depuis cinq ans, le gouvernement fédéral refuse de reconnaître que le PTB est un parti national. Mais nous, nous ramons avec nos propres rames. Et nous disons : chaque petit billet de cinq euros est un billet de cinq, chaque billet de vingt est un billet de vingt et chaque billet de cinquante est un billet de cinquante. D'ici quelques instants, quand vous sortirez, vous pourrez nous soutenir en donnant quelque chose dans la cagnotte. Ou vous pouvez tout simplement et en toute sécurité verser de l'argent via notre site internet.

Voix par voix, affiche par affiche, billet par billet, les petits ruisseaux font les grandes rivières. Ne sous-estimez jamais le pouvoir du nombre, et nous sommes nombreux. Très, très nombreux.

Chers Anversois.es, Nous sommes les gueux de cette ville, nous voulons une ville vivable avec un grand cœur, et avec votre voix, nous ferons bientôt basculer Anvers à gauche.

Un tout gros merci !


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