Photo Belga.

Ce matin, mardi 23 juin, la commission Santé de la Chambre examine la proposition du PTB de créer une commission d'enquête parlementaire pour évaluer la gestion de la crise du coronavirus. « Il est urgent de tirer les leçons des erreurs commises, afin de faire mieux si nous devons faire face à une deuxième vague », déclare Sofie Merckx, médecin généraliste et députée PTB à la Chambre. Elle espère que le travail pourra commencer bientôt.

« Maintenant que la première vague du coronavirus est derrière nous, le moment est venu d'établir le bilan des derniers mois. Le GEES, le groupe d'experts chargé de la stratégie de déconfinement, affirme que des erreurs structurelles ont été commises. Nous ne pouvons pas nous permettre ces erreurs une deuxième fois, constate Sofie Merckx. C'est le moment idéal pour commencer à préparer notre pays à une éventuelle deuxième vague. »

Cela fait des semaines que nous interrogeons les ministres compétents au Parlement, mais de nombreuses questions cruciales restent sans réponse de leur part. Sur quelle base les consignes sur le port du masque ont-elles été élaborées ? Qui s'est opposé à l'extension des critères de test ? Que stipule précisément le contrat avec l'industrie pharmaceutique ? Pourquoi cela a-t-il pris autant de temps avant de lancer le suivi des contacts, pourtant tellement important ? Ce ne sont là que quelques-unes des questions qui n'ont jamais reçu de réponse. Une commission d'enquête parlementaire est nécessaire pour examiner en détail ce qui s'est passé et pour apporter toute la clarté nécessaire. »

Dans sa proposition, le PTB formule une vingtaine de questions pour la commission d'enquête. « Il faut porter une attention particulière aux conséquences du morcellement des compétences et à l'impact des nombreuses années de politique d'austérité, souligne Sofie Merckx. Ces deux aspects ont rendu la lutte contre le coronavirus encore plus difficile. Nous devons passer la situation aux rayons X afin d'identifier de manière précise dans quelle mesure le drame qu'ont connu nos maisons de repos aurait pu être évité si l'on avait eu un poste de commande unique au niveau fédéral. Et nous devons savoir exactement qui a décidé quoi lorsque, à la fin de l'an dernier, la proposition de renouvellement de la réserve stratégique de masques buccaux a été à l'ordre du jour. »

La députée du parti de gauche trouve particulièrement problématique la façon dont les ministres concernés tentent déjà de réfuter toute erreur de leur part. « Il est inconcevable de voir la manière dont la ministre De Block réfute toute responsabilité, remarque Sofie Merckx. Elle se contente de demander laconiquement : "Quel pays était mieux préparé que la Belgique ?" C'est pour le moins une déclaration culottée de la part d'une ministre qui a décidé de faire détruire le stock stratégique de masques buccaux et qui de plus a négligé de procéder à son remplacement. Son collègue, le vice-Premier ministre Koen Geens, n'est pas non plus très critique lorsqu'il déclare que notre pays "n'a certainement pas mal fait". Toutefois, la dure réalité, c'est que 10 000 personnes sont mortes du Covid-19 depuis le mois de mars. C'est un nombre bien plus élevé que ce à quoi nous pouvions raisonnablement nous attendre. Ici aussi, il faut en tirer les indispensables leçons. »




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