Le gouvernement veut imposer une baisse du salaire en 2019 : une provocation pour le PTB

Photo STF/AFP/Getty Images

C’est avec colère que le PTB apprend que la marge pour des augmentations de salaires pour la période 2019-2020 serait de - 0,2%. Le PTB demande la liberté de négocier des augmentations de salaires et une hausse du salaire minimum.

« Une marge négative est inacceptable et inexplicable. C’est une vraie provocation à l’heure où de plus en plus de travailleurs et travailleuses du pays n’arrivent pas à nouer les deux bouts, dénonce Raoul Hedebouw, porte-parole national du PTB. Une croissance nulle des salaires avec un index qui ne tient pas compte de l’explosion du prix des carburants, cela veut dire une baisse du salaire réel, une diminution nette du pouvoir d’achat. On prolonge la tendance de ces trois dernières, comme l’a encore montré la récente étude de l’OIT (l'Organisation internationale du Travail). » Raoul Hedebouw poursuit : « on bloque les salaires des travailleurs et travailleuses du pays alors que les PDG du Bel 20 ont vu leur salaire augmenté de 12,8% l’année dernière. C’est indécent ! ».

On bloque nos salaires alors que les PDG du Bel 20 ont vu leur salaire augmenté de 12,8% l’an dernier.

Cette situation est la conséquence directe de la nouvelle loi sur les salaires votées en 2016 par le gouvernement Michel. « Obtenir des augmentations salariales sur base de l’ancienne loi était déjà quasi mission impossible. On se souvient de la norme à 0% d’augmentation salariale du gouvernement Di Rupo. Avec la nouvelle mouture de la loi, on en arrive à des marges négatives ! », s’exclame le porte-parole national du PTB.

En effet, la nouvelle loi sur les salaires a été conçue à la demande des organisations patronales pour justifier le blocage des salaires. Avec pour résultat que les salariés du pays produisent toujours plus de richesses mais voient de moins en moins la couleur de cette richesse. Une récente étude du PTB l'a montré – et cela a été confirmé par la FEB - : la part salariale dans le Revenu national brut a sévèrement baissé sous le gouvernement Michel. Concrètement, les salariés du pays touchent 9 milliards d’euros en moins de ce qu’ils ont produit. Soit 191 euros en moins par mois et par travailleur. Tout cela au profit des bénéfices des entreprises dont la part n'a jamais été aussi élevée dans le gâteau des richesses produites.

Le PTB réclame de manière urgente la réintroduction des carburants dans l'index. « C'est indispensable pour redonner un peu d'oxygène à la population en matière de pouvoir d'achat », explique le porte-parole du PTB.

Le PTB réclame de manière urgente la réintroduction des carburants dans l'index.

Mais le parti de gauche réclame aussi des mesures structurelles de protection du pouvoir d'achat. « Avec l'actuelle loi salariale, il n’y a aucune liberté de négocier des augmentations de salaires », explique Raoul Hedebouw. Le PTB veut donc l’abrogation de la loi de blocage permanent des salaires. Les travailleurs doivent retrouver une pleine liberté de négocier des augmentations collectives de salaire. »

Le PTB réclame aussi que le salaire minimum soit augmenté à 14 euros de l'heure. « Cela répondrait aux nombreux témoignages que nous recevons de travailleurs et travailleuses qui n'arrivent plus à nouer les deux bouts ou à épargner un minimum. Et cela permettrait aussi de tirer toute la chaîne salariale vers le haut », conclut Raoul Hedebouw.

 Augmentons nos salaires, signez la pétition du PTB : www.augmentonslepouvoirdachat.be


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