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Le groupe Lufthansa a réalisé un bénéfice de 9 milliards sur les 5 dernières années et veut maintenant supprimer 1 000 emplois à Brussels Airlines, dont il est propriétaire. Ce n’est pas au personnel de Zaventem de payer la crise. « Il n'est pas question d'envisager un soutien public à une entreprise qui met un millier de personnes à la rue », réagit Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB. Le parti appelle le gouvernement à refuser cette logique et à garder la nationalisation comme moyen de pression et comme alternative.

Nous devons nous tourner vers l'avenir et pas, en cette période de crise, nous mettre à genoux devant une compagnie aérienne qui croule sous l'argent. Derrière Lufthansa se cache le milliardaire Heinz Hermann Thiele, qui, en pleine crise, a augmenté son patrimoine, profitant que les actions étaient historiquement basses. Il n’est pas question d’aller maintenant chercher des millions dans la poche contribuable pour renflouer le porte-feuille de milliardaires comme Thiele. « Le maintien des emplois doit être au centre des préoccupations chez Brussels Airlines », estime Maria Vindevoghel, députée fédérale du PTB, qui a travaillé pendant des années à l'aéroport de Zaventem.

La Belgique doit garder une possible nationalisation comme moyen de pression et alternative. Notre gouvernement ne devrait pas se mettre à plat ventre comme il l'a fait par le passé. Maria Vindevoghel se souvient qu'un gouvernement précédent avait vendu la compagnie aérienne belge aux Allemands pour une bouchée de pain. Aujourd'hui, la direction allemande demande 290 millions d'euros d’aide publique au gouvernement belge, alors que l'entreprise avait été vendue pour 67,6 millions d'euros. En 2008, Lufthansa avait en effet payé 65 millions d'euros pour les premiers 45 % de parts, mais il y avait une « option d'achat » pour acheter le reste des actions à très bas prix par la suite. Par ce biais, Lufthansa a acheté en 2016 les 55 % d’actions restantes de Brussels Airlines pour la ridicule somme de 2,6 millions d'euros.

Le PTB soutient les salariés dans leur lutte pour l'emploi et de bonnes conditions de travail. Le parti de gauche entend mettre la pression sur l’entreprise et le gouvernement. Le PTB demande également une réunion d'urgence d'une commission parlementaire conjointe Infrastructure et Finances, et interpellera le ministre Alexander De Croo.

« Nous ne pouvons pas accepter que les actionnaires empochent les bénéfices quand tout va bien et que la collectivité doive essuyer les pertes dans les périodes les plus difficiles », conclut Raoul Hedebouw.


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