Le géant pharmaceutique GSK arrête la production d’un antibiotique vital : le PTB demande l’intervention de la ministre De Block

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Dans une lettre à l’association des pharmaciens de Belgique, la société pharmaceutique GSK a annoncé qu’elle mettait fin à la production et la commercialisation de l’antibiotique Clamoxyl IV (administré par voie intraveineuse). « Après avoir tenu les patients en otage pendant des mois au motif de rupture de stock, GSK décide désormais unilatéralement d’arrêter la production de ce médicament vital parce qu’il ne rapporte pas assez », a réagi Sofie Merckx, médecin généraliste et députée PTB à la Chambre.

La nouvelle coïncide avec la publication de deux rapports scientifiques dans lesquels l'Organisation mondiale de la santé tire la sonnette d'alarme sur la politique défaillante des géants pharmaceutiques en matière d'antibiotiques. « L’OMS y dénonce le désinvestissement croissant des multinationales pharmaceutiques de la production et du développement des antibiotiques. La raison est évidente : ce marché n’est pas assez lucratif pour les géants pharmaceutiques. Les antibiotiques doivent être manipulés avec précaution, ce qui ne cadre pas avec le modèle commercial des entreprises pharmaceutiques dans lequel le tout profit des actionnaires prime toujours sur la santé des patients », a indiqué Sofie Merckx.

L’été dernier, GSK a fait la une suite au tollé soulevé par la pénurie alarmante de Clamoxyl IV, qui a duré pas moins de neuf mois. « Ce médicament est le premier traitement indiqué pour une série d’affections mortelles comme l’endocardite (inflammation de l’enveloppe interne du cœur incluant les valves cardiaques), la méningite ou le sepsis chez les enfants (inflammation généralisée pouvant entraîner un choc septique) mais n’est plus disponible depuis mars de l’année dernière. Cela a provoqué une grande incertitude chez les médecins et les patients », a indiqué la spécialiste santé du PTB.

GSK a annoncé que la distribution du médicament reprendrait dès aujourd’hui mais qu’elle arrêtera définitivement sa production l’année prochaine. « C'est d’autant plus problématique que contrairement aux pays voisins comme les Pays-Bas, il n'y a pas d'alternatives à ce médicament vital qui soient disponibles dans notre pays », fait remarquer Sofie Merckx.

La députée parlementaire du PTB exhorte la ministre de la Santé Maggie De Block à trouver rapidement des solutions.

Elle fait spécifiquement référence à un précédent avec la société pharmaceutique Therabel qui, l'année dernière, suite à des protestations et des concertations, est revenue sur sa décision de retirer du marché l'anticoagulant Marevan.

« Encore une fois, il n’est pas normal que GSK décide unilatéralement de mettre fin à la production d’un antibiotique vital », conclut Sofie Merckx.

« GSK jouit dans notre pays d’un régime fiscal préférentiel fait sur mesure pour le géant pharmaceutique, qui a permis à l’entreprise de ne payer que 0,1 % d’impôt en 2018. Cette société brasse d’énormes bénéfices ; près de 516 millions d’euros au cours de la même année. Les sociétés pharmaceutiques ont également une responsabilité sociale. Il est inadmissible qu’elles fassent passer le profit avant la santé des patients. »


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  • Nicole Deilgat
    a suivi cette page 2020-01-24 18:01:00 +0100

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