Photo Belga.

Le patron d’Infrabel Luc Lallemand est pressenti pour prendre la tête de la SNCF Réseau en France. Au vu de son bulletin à la tête du gestionnaire du réseau de chemin de fer et de l’échec que représente la scission du rail, le PTB demande qu’on profite de l’opportunité qu’offre le départ de Lallemand pour refusionner Infrabel.

La scission entre SNCB (qui fait rouler les trains) et Infrabel (qui gère l’infrastructure ferroviaire) provoque du chaos sur le rail. « Depuis la création d’Infrabel, et le règne de Luc Lallemand en 2005, la ponctualité est en baisse, dénonce Maria Vindevoghel. Sur les lignes les plus fréquentées en semaine, les statistiques sont catastrophiques : les trains en heure de pointe sont en retard 4 fois sur 10. En outre, la scission ne met pas seulement les trains en retard, elle menace aussi la sécurité des 240 millions de voyageurs annuels de la SNCB. Le jugement de la catastrophe de Buizingen a en effet indiqué que la séparation entre SNCB et Infrabel avait contribué à cette catastrophe ferroviaire. »

Fusionner la SNCB et Infrabel permettrait aussi d’économiser en frais de top management. « Depuis la scission, chaque entreprise a sa propre direction, explique encore Maria Vindevoghel. Ainsi, il faut payer le salaire de deux CEO’s au lieu d’un, de deux responsables financiers au lieu d’un, de deux services de ressources humaines au lieu d’un, etc. Luc Lallemand est un de ces top managers payés à prix d'or – plus de 300 000 euros par an – et ce, pour détruire le service public. Et il voulait encore augmenter son salaire de 8 %. Alors que, sur le terrain, il y a trop peu d’accompagnateurs, de conducteurs, de mécaniciens… Bref : il faut moins de directeurs, mais plus d’accompagnateurs. »

Pour rappel, la scission en deux entreprises n’a été faite que pour préparer l’ouverture à la concurrence et la privatisation de la SNCB. Une politique que dénonce le PTB depuis ses débuts.

Le parti de gauche plaide donc pour investir de l’énergie dans la fusion entre SNCB et Infrabel : « Des trains à l’heure, une meilleure coordination, un rail moins cher pour les finances publiques : tout le monde gagnera avec une fusion, affirme Maria Vindevoghel. Profitons donc du départ de Luc Lallemand pour trouver des solutions pour les usagers et pas pour placer des petits copains à des postes de dirigeants. »

La députée de gauche conseille aussi aux usagers et cheminots français de bloquer l'arrivée de Lallemand : « Je ne leur souhaite en tout cas pas d’avoir affaire à un tel manager. Alors que les cheminots français ont mené récemment une lutte impressionnante pour défendre une SNCF publique et de qualité, ce n’est pas avec un dirigeant comme Luc Lallemand que cela va marcher. Mais il n’est pas encore nommé, espérons pour eux qu’ils arriveront à l’éviter. »


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