Le Conseil national de Sécurité doit revoir sa décision : l’action collective avec respect des règles sanitaires doit être possible

L'action sociale dans le respect des règles sanitaires, comme celle des blouses blanches et du non marchand le 18 juin dernier, doivent être permises. (Photo Solidaire, Dieter Boone)

Le Conseil national de Sécurité a décidé aujourd’hui, mercredi 24 juin, une limitation à 400 personnes pour le droit à l’expression et à l’action collective en extérieur. « Si une limitation se justifiait durant le pic de l’épidémie, il n’est plus acceptable que ce droit fondamental reste encore aujourd’hui aussi strictement limité. Avec une telle limitation, les mobilisations du personnel soignant, comme celle des 1 500 membres du personnel de l’hôpital Gasthuisberg de Leuven jeudi dernier, auraient été interdites. Ça ne va pas. Une expression collective doit être possible si elle respecte les règles sanitaires », réagit Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB.

« Le droit à l’action collective, ainsi que la liberté d’association et de réunion publique, sont des droits fondamentaux reconnus comme tels dans la Constitution, notamment. Ils doivent être garantis moyennant le respect des règles sanitaires générales, comme le port du masque, l’hygiène et le respect des distances sociales. En France, le Conseil d’État a d’ailleurs estimé que l’interdiction de manifester n’était pas justifiée par la situation sanitaire actuelle », ajoute Raoul Hedebouw. Les organisations syndicales et de nombreux acteurs de la société civile ont adressé une lettre aux gouvernements dans ce sens. Le PTB demande à la Première ministre et aux ministres-présidents de revoir cette décision du Conseil national de Sécurité.

« Il y a une baisse de la propagation du virus, mais l’épidémie n’est pas encore derrière nous. Voilà pourquoi il faut des règles claires qui garantissent le respect des gestes barrières dans le cadre d’actions collectives. Mais on ne peut pas imaginer que ce qui est permis dans les grandes rues et centres commerciaux – où l’on peut être à plusieurs milliers, sans distanciation et sans obligation de port du masque – reste interdit pour des manifestations où le port du masque et la distanciation seraient respectés », poursuit Raoul Hedebouw.

« La crise frappe en ce moment. Il y a les milliers de travailleurs à Swissport, Brussels Airlines, Brantano et ailleurs qui voient leurs emplois menacés. Il y a les demandes du personnel soignant d'être revalorisé et d'avoir des nouveaux emplois. Il y a les artistes et les travailleurs de la culture qui sont privés de droit, etc. Ils ont le droit de pouvoir s'exprimer et manifester, justement au moment où le grand patronat et le gouvernement appliquent une stratégie du choc et prennent des décisions qui leur font porter le poids de la crise. C'est une question d’urgence sociale autant que démocratique de pouvoir manifester tout en garantissant les règles élémentaires. On peut craindre sinon que le Covid-19 soit détourné comme prétexte pour museler l'action sociale. Masqués, oui, mais pas muselés », conclut Raoul Hedebouw.

 


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