Le CEO de Belfius juge les faillites dans l'Horeca « pas graves » : le PTB demande qu’il s’explique sur ces propos inacceptables

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Les déclarations de Marc Raisière, CEO de Belfius, au magazine Trends-Tendances concernant certains secteurs fragiles comme l’Horeca sont particulièrement choquantes. Le PTB demande qu’il vienne s’expliquer au plus vite en commission Finances de la Chambre des représentants.

À la question de savoir s’il ne craint pas une vague de faillites en 2021, M. Raisière répond : « Bien sûr qu’il y aura des faillites ! Mais n’avions-nous pas trop de cafés et de restaurants en Belgique ? Étaient-ils tous rentables ? Étaient-ils tous viables, sans avoir recours au noir ? J’ai bien conscience de parler très crûment mais les économies ont de temps à autre besoin d’une vague d’assainissements. Les entreprises zombies (ces entreprises dont les actifs ne couvrent pas les dettes, Ndlr) vont disparaître. Est-ce grave ? Pour leur propriétaire et leur personnel, certainement, mais pas pour l’économie. D’autres naîtront sur leurs cendres. De nouvelles activités se créeront. »

Pour le député fédéral PTB Marco Van Hees, « il ne s’agit pas simplement de déclarations choquantes. Ces propos viennent d’un acteur majeur du monde financier, dont la fonction est déterminante pour éviter ou non la faillite de nombreux établissements. »

De plus, ajoute le député, « il s’agit du dirigeant d’une banque dont 100 % du capital est aux mains de l’État et qui devrait donc jouer un rôle majeur pour assurer la survie de nos PME. Est-ce également la vision du gouvernement d’utiliser la pandémie pour ‘assainir’ certains secteurs via une vague de faillites ? »

Les déclarations de M. Raisière sont lancées alors qu’il ressort du dernier rapport de la Banque nationale que le moratoire sur les prêts bancaires fonctionne mal. À peine 4 % des crédits des indépendants et 9 % des crédits des petites entreprises en bénéficient. En outre, ses conditions d’application sont laissées aux banques. Celles-ci peuvent le refuser aux établissements qu’elles jugeraient non viables. Des critères interpellants à la lumière des déclarations du CEO de Belfius.

C’est pourquoi le PTB demande que M. Raisière soit entendu au plus vite en commission Finances de la Chambre, pour faire la lumière sur ces déclarations, mais aussi sur la politique menée concrètement par Belfius à l’égard de l’Horeca et d’autres secteurs en difficulté. Ce dimanche, lors de ses vœux, le PTB a d'ailleurs plaidé pour que les banques accordent un nouveau report de paiement des crédits bancaires pour les petits indépendants, sans conditions.