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Les partis du gouvernement fédéral ont voté aujourd'hui contre la proposition du PTB de lever les brevets sur les vaccins contre le coronavirus. En décembre de l'année dernière, la résolution du parti de gauche avait déjà été soumise au vote, mais les députés du gouvernement avaient alors quitté la commission de la Chambre. « Tous les partis de la Vivaldi, y compris ceux de gauche, cèdent à la pression du lobby pharmaceutique. C'est totalement incompréhensible », réagit Sofie Merckx, cheffe du groupe PTB au Parlement fédéral et médecin généraliste.

« Aujourd'hui, des milliers de militants, de scientifiques et de syndicalistes du monde entier s'élèvent contre les monopoles pharmaceutiques. Le choix des partis du gouvernement est regrettable, car les inégalités actuelles en matière de vaccination constituent un terreau fertile pour de nouveaux variants. »

C'est la sixième fois que le PTB dépose cette proposition. « Auparavant, les partis du gouvernement se retranchaient systématiquement derrière des prétextes indéfendables. Aujourd'hui ils ont au moins été francs », déclare Sofie Merckx. « Plusieurs partis ont indiqué être favorables à la levée des brevets : le Parlement européen, avec les partis de gauche et les verts, a voté en faveur de la proposition. Au sein du gouvernement belge, les partis Vooruit, PS, Groen et Ecolo ont soutenu la levée des brevets. Le président du CD&V, Joachim Coens, y est également favorable. Cela fait donc cinq partis qui soutiennent la proposition, mais c'est pourtant toujours le lobby de Big Pharma qui mène la danse dans notre pays. Il répète depuis des mois que le problème ne relève pas des brevets mais des capacités de production. Un argument démonté par Médecins sans Frontières, qui a publié une liste de plus de 100 entreprises en Afrique, en Asie et en Amérique latine ayant les capacités pour produire des vaccins à ARNm. »

Les inégalités actuelles en matière de vaccination sont affligeantes. Les trois quarts des 11 milliards de vaccins produits sont allés aux pays riches, tandis que, dans les pays à faible revenu, moins de 10 % de la population est vaccinée. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) condamne l'attitude des pays occidentaux, qui prolonge la pandémie. « Notre gouvernement défend le modèle caritatif de Covax, mais c'est, au mieux, un palliatif. Parmi les vaccins offerts, nombreux sont proches de leur date de péremption et, de ce fait, inutilisables. Le Burundi, par exemple, n'a pu utiliser efficacement que 1 % des vaccins qu'il a reçus », explique Sofie Merckx.

Enfin, la cheffe de groupe déplore l'attitude de Vooruit, qui se déclarait pourtant encore récemment favorable à la levée des brevets. « Visiblement, Vooruit a baissé les bras et qualifie le sujet de “dossier symbolique.” C'est particulièrement dommage. La réplique du vaccin de Moderna n'est pas une alternative à l'annulation des brevets. Le président d'Afrique du Sud a récemment déclaré que “les gouvernements qui pensent que le vaccin doit être accessible à tous doivent soutenir la levée des brevets.” Des milliers de militants dans le monde entier s'opposent à Big Pharma, pour qu'enfin la santé passe avant le profit. Avec le PTB, nous continuerons à soutenir ce combat. »