La priorisation des groupes à risque pour le vaccin contre le Covid s'éternise : le PTB tire la sonnette d'alarme

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Ce mois-ci, outre les plus de 65 ans, tous les patients à risque souffrant de graves problèmes de santé devraient également être vaccinés contre le Covid. En tant que médecin généraliste, Sofie Merckx, députée PTB, voit de ses propres yeux à quel point cette phase importante de la campagne de vaccination s'éternise : « Une fois de plus, le gouvernement est en retard et mal organisé. »

Elle détaille les problèmes actuels dans un dossier à télécharger ici.

« Le gouvernement ne donne pas aux généralistes les bons outils pour identifier les patients à risque. Cela fait des mois que nous attendons désespérément les logiciels nécessaires. Le Conseil supérieur de la Santé a émis un avis sur les groupes cibles prioritaires il y a huit mois maintenant. Mais, depuis lors, rien n'a bougé. Une fois de plus, le gouvernement est en retard et mal organisé. »

Pour la députée PTB, il est inacceptable que les libéraux, francophones comme néerlandophones, tout comme le ministre bruxellois de la Santé Alain Maron (Ecolo), se résignent à ce que la vaccination des patients à risque ne soit plus prioritaire. 

« Face à l'amateurisme de leurs gouvernements respectifs, ils semblent se résoudre à revoir leurs ambitions à la baisse. Or, il est impératif que les patients à risque soient protégés dès que possible maintenant, tout comme les personnes de plus de 65 ans. Ce que les gouvernements doivent faire maintenant, c'est passer à la vitesse supérieure et non baisser les bras », affirme Sofie Merckx.

En tant que généraliste, Sofie Merckx reçoit régulièrement des appels téléphoniques de patients inquiets. « Juste après la conférence de presse du 8 janvier, où les différents ministres de la Santé ont annoncé leur nouvelle stratégie, une de mes patientes m'a appelée. Une dame de 40 ans chez qui nous avons diagnostiqué il y a 3 ans une maladie pulmonaire très rare. Elle m'a demandé comment et quand elle pourrait être vaccinée. Elle a également écrit aux ministres, il y a un mois, mais, depuis, chaque cabinet se renvoie la balle et elle ne parvient pas à obtenir de réponse claire », explique Sofie Merckx.

Les généralistes eux-mêmes se sentent démunis. « Pour l'instant, je suis moi aussi incapable de répondre à mes patients. Le logiciel permettant d'identifier les patients à risque devrait être disponible depuis des mois, or, ce n'est pas le cas. Ces problèmes auraient certainement pu être évités si le gouvernement avait pris le taureau par les cornes dès que le Conseil supérieur de la Santé a remis son avis. Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas consulté les généralistes à ce moment-là pour lancer des projets pilotes ? Aujourd'hui encore, nous n'avons aucune garantie que les outils que nous recevrons fonctionneront efficacement. Je croise les doigts, mais je crains le pire », ajoute Sofie Merckx.

Le parti de gauche appelle le gouvernement à passer à la vitesse supérieure et à impliquer les médecins généralistes dans le déploiement de la campagne de vaccination. « Le gouvernement s'est montré incapable d'anticiper et de préparer au mieux cette phase de la vaccination. En l'absence d'un système solide de soins primaires préventifs, ce manque de préparation fait que notre pays n'est, une fois de plus, pas prêt à faire face à la situation. Il est temps pour les autorités de passer à la vitesse supérieure », conclut Sofie Merckx.

 

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