Les 10 % qui ont les épargnes les plus basses doivent se contenter d'à peine 443,80 euros. (Photo Shutterstock)

Dans une nouvelle étude sur les pensions complémentaires, la Cour des comptes pose un constat interpellant. Trois quarts de la population active belge se constituent une pension complémentaire. Les réserves accumulées s'élèvent à 85,6 milliards d'euros. Mais les écarts sont très importants.

« Les chiffres sont vraiment hallucinants, commente Raoul Hedebouw, député fédéral PTB. Les 10 % qui ont les épargnes les plus élevées peuvent compter sur une pension complémentaire d’un montant allant de 200 000 à 8 millions d’euros, tandis que les 10 % qui ont les épargnes les plus basses doivent se contenter d'à peine 443,80 euros. »

Le sommet de l’échelle (1 %) possède 20 % du montant total. Il n'y a pas de limite au montant que l’on peut transférer vers sa pension complémentaire, excepté en fin de carrière. En outre, la partie du salaire injectée dans le plan de pension complémentaire est beaucoup moins imposée. Ainsi, l’État a déjà perdu 866 millions d’euros de recettes, précise la Cour des comptes.

« Ceci prouve que la politique du gouvernement Vivaldi visant à stimuler les pensions complémentaires n’est pas efficace, constate Kim De Witte, le spécialiste des pensions du PTB. Les gens qui en ont vraiment besoin n’ont quasiment rien comme pension complémentaire. Et ceux qui n’en ont vraiment pas besoin utilisent ce système à des fins d'optimalisation fiscale. »

« Cette étude doit nous faire réagir, conclut Raoul Hedebouw. Donner plus de place au deuxième pilier, c’est creuser davantage les inégalités en matière de pensions. La meilleure voie à suivre est le renforcement de la pension légale. Nous interpellerons à ce sujet la nouvelle ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS). »

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