L’hiver froid de la Vivaldi : rien contre l’explosion des factures d'énergie, chasse aux malades de longue durée

Photo Belga.

Pour le porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, la grande majorité des travailleurs et travailleuses qui voient leurs factures grimper en flèche d’une part, et les malades de longue durée qui risquent pour la première fois d’être sanctionnés, d’autre part, sont les grands perdants de l'accord budgétaire de la Vivaldi. Les grosses fortunes, en revanche, peuvent dormir sur leurs deux oreilles  : malgré les révélations des Pandora Papers sur l'évasion fiscale mondiale, aucune mesure supplémentaire ne sera prise pour lutter contre la fraude fiscale.

« Après quelques très courtes minutes d’indignation à l’annonce des Pandora Papers, ce gouvernement revient lui aussi à son agenda, comme si de rien n’était. Et pour la Vivaldi, cela signifie apparemment se lancer dans la chasse aux malades de longue durée. Avec cet accord budgétaire, le gouvernement choisit résolument la voie du recul social », a déclaré Raoul Hedebouw. 

« Pour alléger les factures d'énergie, le gouvernement Vivaldi affirme ne cibler que ceux qui en ont vraiment besoin. Mais sur quelle planète vivent les ministres qui pensent que des hausses de prix de plus de 700 euros ne sont un problème que pour les personnes aux revenus les plus bas ?, s'interroge Raoul Hedebouw. Toutes les familles, toutes les travailleuses et travailleurs subissent aujourd'hui l’explosion des prix de l'énergie. Qu’est-ce que le gouvernement espère résoudre avec une réduction d'à peine 30 euros ? La grande majorité de la classe travailleuse est tout simplement abandonnée à son sort. »

Le PTB réclame depuis longtemps une réduction de la TVA sur l'énergie de 21 à 6 %. « Cela allégerait immédiatement la facture de 347 euros en moyenne, affirme Raoul Hedebouw. Où sont les libéraux aujourd’hui, avec leurs grands discours sur la baisse des charges pour les familles qui travaillent ? Et que reste-t-il maintenant de la promesse électorale des socialistes, pour qui la réduction de la TVA à 6 % était même un point de rupture pour leur participation au gouvernement ? Et qu’on arrête de dire qu'une réduction de la TVA coûte trop cher. C’est parfaitement abordable, à condition d'oser toucher aux surprofits d'Electrabel. Cependant, il semble que cela soit encore un tabou dans notre pays. »

L’annonce de la Vivaldi de sanctions pour les malades de longue durée est une triste première. « Ce que le gouvernement de droite de la Suédoise n'avait finalement pas osé faire, la Vivaldi le fait aujourd’hui. En 2018, la ministre de la Santé Maggie De Block avait déjà mis la question des sanctions sur la table pour la première fois. Cependant, grâce à la résistance des syndicats et des mutualités, et à la pression politique du PTB mais aussi d'autres partis de gauche, cela n’avait pas abouti. Désormais, les libéraux semblent avoir trouvé un allié en la personne du ministre Frank Vandenbroucke (Vooruit) et ces sanctions vont finalement voir le jour. Ce revirement est sans précédent », réagit Raoul Hedebouw.

Le parti de gauche rappelle que la réintégration vers laquelle on pousse maintenant les malades de longue durée, est, en fait, un chemin qui, dans sept cas sur dix, aboutit à un licenciement pour cause de force majeure médicale. « Il faudra quand même qu’on m’explique comment des sanctions, qui vont pousser ces travailleurs et travailleuses sous le seuil de pauvreté, sont supposées les amener à un emploi respectable. Au lieu de blâmer les gens, le gouvernement ferait mieux de s'attaquer aux raisons pour lesquelles 500 000 travailleurs et travailleuses sont malades de longue durée aujourd’hui. Mais là aussi, le gouvernement fait le contraire, en fermant toutes les voies d’accès à la pension anticipée et en autorisant une augmentation de la flexibilité. »

Raoul Hedebouw dénonce un deux poids deux mesures dans l'accord budgétaire : « Pour les fraudeurs fiscaux, en revanche, le gouvernement se montre beaucoup plus clément. Les "Pandora Papers" révèlent que l'évasion fiscale mondiale des grandes fortunes et des multinationales est estimée à 11 300 milliards de dollars. C’est indécent de conclure un accord budgétaire à peine une semaine plus tard qui ne prévoit aucune nouvelle mesure pour lutter contre la fraude fiscale. Le gouvernement annonce le recrutement de 40 nouveaux inspecteurs pour l'année prochaine, mais oublie de mentionner que nous avons perdu pas moins de 487 inspecteurs au cours des cinq dernières années. Combien de Pandora Papers faudra-t-il encore avant que le gouvernement ne prenne enfin des mesures pour s'attaquer en profondeur à cette criminalité en col blanc ? », conclut Raoul Hedebouw.