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Cet après-midi, le gouvernement wallon a annoncé le résultat de son conclave sur les inondations. Pour le PTB, le cadeau d’un milliard fait par le gouvernement PS-MR-Ecolo aux assurances se fait au détriment des victimes des inondations. Julien Liradelfo, député PTB à la commission d'enquête sur les inondations : « Nous parlons des victimes de la plus grande catastrophe climatique que notre région ait connue. Et le gouvernement annonce des demi-voitures et des demi-maisons à celles et ceux qui ont tout perdu. Quel manque de respect. »

Le gouvernement wallon confirme que les sociétés d’assurance ne paieront qu’une petite partie du montant pour lequel ils ont touché des primes. Pourtant, les sociétés d’assurance ont fait 15 milliards de bénéfices en cinq ans. Pour Julien Liradelfo, cette décision est fondamentalement injuste : « On paie 100% de notre prime d’assurance mais, quand on en a besoin, les assurances ne contribuent qu’à hauteur de 38 % des dégâts. Et pour les personnes précarisées qui n’arrivaient déjà pas à payer leur assurance, c’est la double peine. On ne peut pas vivre dans une demi-maison. »

L’annonce du gouvernement est également très décevante concernant l’indemnisation des sinistrés mal ou pas assurés. En effet, les sinistrés qui n’ont pas assuré les murs de leur maison recevront une intervention à hauteur de 50 % du montant des dégâts évalués, avec un plafond limité à 80 000 euros. « C’est indigne, réagit Julien Liradelfo. Indemniser les sinistrés propriétaires de leur maison, même non ou mal assurés, à hauteur de seulement 80 000 euros maximum, c'est bien en-dessous de la valeur du marché immobilier avant les inondations. »

« Cette décision est d’autant plus injuste qu’Elio Di Rupo avait annoncé que les aides seraient deux fois plus élevées », ajoute le député de gauche. Pour le PTB, les sinistrés non assurés doivent être indemnisés à 100%, c’est une question de solidarité et de dignité humaine.

Le parti de gauche trouve également que l’accord du gouvernement sur les voitures sinistrées de moins de cinq ans qui sont assurées en responsabilité civile ne respecte pas leur propriétaire. Pour Julien Liradelfo, ceci pose plusieurs problèmes : « Si la voiture d’un particulier est estimée à 3 000 euros, il ne recevra donc que 1 500 euros d’indemnité. Comment pourra-t-il racheter une voiture de qualité équivalente pour pouvoir aller travailler ou déposer ses enfants à l’école ? » Pour le PTB, c’est aux assurances de payer la note en remboursant 100 % de la valeur de la voiture.

Enfin, l’accord du gouvernement ne respecte pas non plus les villes et communes touchées, car la plupart d’entre elles devront payer 10, 20 voire 30 % des frais de reconstruction des infrastructures publiques communales.

Julien Liradelfo prend l'exemple de Verviers pour illustrer son propos : « Cette ville est la vingtième commune la plus pauvre de Belgique. Lui faire payer 10 % des dégâts n’est vraiment pas acceptable. On parle de routes, d’écoles, de ponts, de logements et d’éclairages publics... Bref, de frais colossaux. Les villes sinistrées n’en ont pas les moyens. Cette décision va empêcher toute politique sociale, pourtant indispensable à la reconstruction, et se reportera sur des populations déjà directement victimes de cette catastrophe. »