Inondations : le PTB veut une vraie commission d'enquête au fédéral, pas une commission « oubliettes »

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Ce mardi, la commission de l’intérieur de la Chambre des représentants se réunit pour discuter de l’organisation d’une « commission mixte » Intérieur-Défense-Santé. Une manière de « mettre la poussière sous le tapis », pour le PTB, qui a déposé une proposition de commission d’enquête parlementaire.

« Nous avons déposé notre proposition de commission d’enquête fin août, rappelle Raoul Hedebouw, porte-parole national du parti de gauche. Mais le règlement de la Chambre fait qu’elle ne pourra pas être examinée avant la semaine prochaine. Entre-temps, on apprend que la majorité a finalement décidé, en petit comité, d’organiser une simple commission mixte. En gros, aucune différence avec une commission normale, si ce n’est qu’elle pourra parler aux ministres de l’Intérieur, de la Défense et de la Santé.”

Pour le PTB, il s’agit d’une manœuvre de la majorité pour éviter tout débat sur une commission d’enquête. Raoul Hedebouw : « On n’est pas dupes. On sait que si cette semaine, on décide d’organiser une commission mixte, on ne pourra pas discuter sérieusement d’une commission d’enquête la semaine prochaine. C’est d’ailleurs ce qu’a dit la majorité, qui déclarait dans la presse qu’une commission d’enquête pourrait toujours être décidée plus tard, si la commission mixte ne suffisait pas… »

Raoul Hedebouw de poursuivre : « Il y a un précédent de commission mixte : la commission de suivi des attentats. Elle devait suivre la mise en œuvre des 150 recommandations formulées par la commission d’enquête. Où en est-on cinq ans après ? Nulle part. Plus personne n’entend d’ailleurs parler de cette commission de suivi. Pas question de laisser la majorité remettre le couvert pour les inondations. »

L’avantage d’une commission d’enquête ? Celle-ci dispose de vrais pouvoirs contraignants, rappelle le porte-parole national du parti de gauche : « De nombreux experts estiment que les pouvoirs publics ont commis des erreurs capitales dans la réaction à ces inondations. Il y a eu un manque d’anticipation, une coordination catastrophique, un manque de moyens dans les services de secours dont il faut faire le bilan. On doit aussi pouvoir tirer un bilan de la régionalisation, de la dispersion toujours plus grande des compétences dans notre pays. Cette régionalisation tue, on en a encore eu la preuve avec cette catastrophe. Si on veut que toute la transparence soit faite et pouvoir en tirer des leçons politiques, les pouvoirs étendus d’une commission d’enquête sont indispensables : une commission d’enquête peut interroger, confronter, perquisitionner ou encore descendre faire des constatations sur les lieux, par exemple. C’est autre chose qu’une commission mixte où l’on veut se réunir pour vaguement évoquer la question puis tout remettre au frigo ! »

Les débats risquent bien d’être agités lors de la séance de la commission de l’Intérieur de ce mardi. Si la majorité y propose sa commission mixte, le PTB, lui, entend bien déjà pouvoir débattre de sa proposition de commission d’enquête.