Photo Solidaire, Bruno Bauwens.

Beaucoup de questions se posent suite aux inondations historiques de cette semaine. « Le bilan n’est pas encore définitif, mais on parle déjà d’au moins 28 morts. Il y a certaines questions qui méritent des réponses. Notamment au niveau des barrages et donc au ministre wallon Philippe Henry (Écolo) », observe Germain Mugemangango, chef de groupe pour le PTB au Parlement wallon. 

Des problèmes se sont en effet posés à plusieurs barrages liégeois. « Personne à Verviers, pas même les échevins, n’était au courant que le barrage de la Vesdre allait s’ouvrir. Comment le ministre Henry explique-t-il cela ? Cela aurait permis de ne pas prendre les verviétois au dépourvu et d’évacuer la population », explique Mugemangango. À Verviers, une énorme vague a fait son apparition entre 3h et 4h du matin alors que le barrage s’ouvrait à 17h la veille. « Si un système est conçu de telle manière qu’il engendre des dégâts comme ceux observés à Verviers, c’est la responsabilité du Gouvernement wallon de le changer de toute urgence », déclare le député PTB.

D’autre part, le parti de gauche radicale pointe également le manque d’anticipation. « Depuis lundi, nous sommes au courant de pluies exceptionnelles. C’est d’ailleurs ce signal qui a poussé les gestionnaires des barrages de Butgenbach et de Robertville à réguler les débits d’eau. Cette anticipation leur a permis de faire de la place et d'être prêts. Pourquoi le ministre Henry ne s’est-il pas assuré que tous les barrages anticipent ces pluies exceptionnelles ? », poursuit Germain Mugemangango.

Par ailleurs, la planification des travaux du barrage de Monsin peut avoir posé des problèmes. « Pourquoi le ministre Henry n’a-t-il pas planifié les travaux de ce barrage en prenant un minimum de risque quant aux inondations ? », se demande Germain Mugemangango. Au barrage de Monsin, 4 pertuis (ouvertures permettant le passage de l’eau) sur 6 ont été fermés, alors que la rénovation de ce barrage était censée se faire progressivement. Pour Sébastien Erpicum, ingénieur à l’Université de Liège, les travaux au barrage de Monsin ont eu un impact sur le niveau de la Meuse et donc sur toute la province de Liège. La fermeture des pertuis a empêché l’écoulement de l’eau et a donc participé à la hausse du niveau d’eau de la Meuse. Enfin, le mois de juillet est sujet à de lourdes averses. « Justifier ces travaux en disant que le risque était le plus faible à cette période de l’année est faux », conclut Germain Mugemangango.