Information à l’informateur Magnette : un retraité sur deux a une pension inférieure au seuil de pauvreté

Photo : Sofie Lerouge

« Nous sommes heureux que l'informateur Paul Magnette soit parvenu à un consensus avec les autres partis sur l'augmentation de nos pensions », déclare Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB. « Depuis deux ans, le PTB fait campagne pour de meilleures pensions. Cela a donné lieu à de nombreuses promesses électorales. Depuis deux mois, depuis le 11 septembre 2019, nous avons lancé notre proposition de loi d’initiative citoyenne afin d’obtenir une pension minimum de 1 500 euros net pour ceux qui ont travaillé pendant 40 ans. Cette proposition de loi est déjà soutenue par plus de 85 000 citoyens. »

« C'est donc une bonne chose que l’augmentation des pensions soit enfin sur la table de négociation d'un gouvernement fédéral. Mais nous ne voulons pas que les électeurs soient floués », poursuit Hedebouw. Dans sa communication, Magnette parle d’augmenter « les pensions les plus basses de 370 000 personnes ». Or, il y a 1,1 million d'anciens employés et indépendants qui ont une pension inférieure à 1 250 euros. « Si le prochain gouvernement n'augmente que les pensions les plus basses,  il y aura alors toujours un énorme problème pour la grande majorité des employés et des petits indépendants », constate le porte-parole du PTB.

 « Nous voulons un minimum de 1 500 euros net après 40 ans de carrière », confirme Kim De Witte, spécialiste des pensions du PTB. « Ce chiffre ne vient pas de nulle part. OKRA, la plus grande organisation des pensionnés du Nord du pays, a calculé le montant dont une personne âgée a besoin pour vivre dans la dignité. 1 500 euros net est un minimum. En ce moment, trois retraités sur quatre sont en dessous. »
 
Le fait que les pensions belges soient si basses n'a rien à voir avec le fait de travailler moins longtemps, mais avec une mauvaise législation en la matière dans notre pays. La pension d'un salarié et d'un travailleur indépendant en Belgique est égale à 60 % de son salaire moyen après 45 ans de travail. Dans de nombreux autres pays européens, les pensions sont calculées sur base des salaires des dernières années. Cela fait une grande différence, surtout quand on sait que la réévaluation des anciens salaires dans notre pays est incomplète. En outre, dans de nombreux pays européens, la durée de la carrière des travailleurs pensionnés est inférieure à 45 ans et la pension est supérieure à 60 % des salaires.

« C’est pour ces trois raisons que nos pensions sont si basses », poursuit Kim De Witte. « L'écart de pension par rapport à nos voisins peut atteindre 40 %. Dans notre pays, un retraité (salarié ou indépendant) sur deux a une pension inférieure au seuil de pauvreté. Nous voulons corriger cela. Une pension minimum de 1 500 euros net pour toute personne ayant travaillé pendant 40 ans coûterait 2,8 milliards d'euros. C'est moins de la moitié de ce qu’a coûté le tax-shift du précédent gouvernement, Michel I. »

« Il s'agit de choix, conclut Raoul Hedebouw. Quiconque a travaillé toute sa vie a droit à une bonne pension. Minimum 1 500 euros net. Nous poursuivrons notre campagne jusqu’au bout. »

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