Frank Vandenbroucke veut des coordinateurs retour au travail pour les malades de longue durée. Pour le PTB, « c'est, au mieux, un palliatif. C'est aux causes qu'il faut s'attaquer. »

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Le ministre Frank Vandenbroucke veut mettre en service 60 coordinateurs retour au travail pour faire diminuer le nombre record de malades de longue durée. Pour le PTB, ce plan n'a aucun avantage. Le parti de gauche demande des mesures pour plutôt rendre le travail faisable, surtout en fin de carrière. Comme le souligne la députée fédérale PTB Nadia Moscufo : « En plus, cette mesure ne prévoit même pas vraiment la réintégration chez l'employeur, mais plutôt le passage à un nouvel emploi. Sans garantie d'un travail adapté ou d'un salaire correct. »

« Pour nous, il s'agit au mieux d'un simple palliatif », rétorque Nadia Moscufo. « On parle d'un coordinateur pour 8 300 personnes malades. Je ne doute pas qu'ils feront du bon travail, mais il faut aller beaucoup plus loin. Avec le relèvement de l'âge de la pension à 67 ans et les règles plus strictes pour accéder à une pension anticipée, à une prépension ou à des aménagements de fin de carrière, de nombreux travailleurs fatigués et malades ont perdu leur dernière bouée de sauvetage. De nombreuses personnes doivent travailler trop dur, de manière trop flexible et trop longtemps. La Vivaldi n'a aucune intention d'y changer quoi que ce soit, bien au contraire. Ce qui manque particulièrement dans les plans du ministre, ce sont des mesures qui s'attaquent aux causes. »

Nadia Moscufo estime aussi que le gouvernement passe sous silence la responsabilité des employeurs. « Souvent, tout ce qui compte pour un patron, c'est encaisser et les résultats. Et cela rend littéralement les travailleurs malades, surtout s'ils ont de jeunes enfants ou s'ils ont plus de cinquante ans. Bien souvent, les employeurs ne veulent pas non plus faire les adaptations nécessaires. Pourtant, c'est une obligation légale, mais il n'y a pas d'arrêté d'exécution pour l'appliquer. J'ai l'impression que le ministre Vandenbroucke met l'accent non plus sur la réintégration chez l'employeur de la personne malade, mais sur le fait de la remettre au travail n'importe où. Il n'y a aucune garantie que le poste trouvé chez un nouvel employeur soit plus sain ou suffisamment bien payé. Les gens ont besoin d'emplois qui leur permettent de rester en bonne santé et où le travail est faisable. C'est structurellement qu'il faut rendre la fin de carrière vivable. »

Selon le PTB, il est désormais clair que la politique de réintégration du gouvernement Michel a échoué sur toute la ligne. Le parti de gauche cite une étude des universités KUL et ULB, commandée par l'Office fédéral de l'assurance maladie (INAMI). Cette étude démontre que cette mesure n'entraîne pas d'effet de retour significatif. Seulement 13 % des personnes ont retrouvé leur ancien emploi. Là où cette politique marque des points, c'est dans le nombre phénoménal de licenciements pour cause de force majeure médicale. C'est en effet à cela qu'ont abouti 56 % de tous les parcours de réintégration. Les syndicats ont déjà qualifié les programmes de réintégration de machine à licencier conçue sur mesure pour les grandes entreprises. Selon le PTB, là aussi, le gouvernement actuel s'en tient trop aux politiques de la coalition précédente.

Que préconise le PTB ?

  1. Cesser d'utiliser la loi sur les malades de longue durée comme machine à licencier. Les employeurs doivent être tenus de fournir à leurs travailleurs un travail adapté, comme l'exige la loi.
  2. Des fins de carrière vivables, qui ne nuisent pas à la santé des travailleurs. Tout ceci est possible en adoptant le plan de pension 65-60-55 proposé par les syndicats.
  • 65 ans comme âge de la pension, car à 67 ans, tous les métiers sont pénibles ;
  • à 60 ans, la possibilité de prendre une pension anticipée ;
  • à partir de 58 ans, la possibilité d'une pension anticipée pour les métiers pénibles ;
  • à 55 ans, la possibilité de bénéficier d'aménagements de fin de carrière (un crédit temps, par exemple).

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