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Derrière les belles promesses d’investissement dans le rail du Gouvernement fédéral, usagers et cheminots constatent tous les jours que la qualité du service se détériore. Ce 1er décembre, la SNCB fermera définitivement plusieurs guichets, laissant les usagers se débrouiller seuls avec des automates. C’est une nouvelle phase dans la fermeture d’un guichet sur trois dans notre pays.

Pour le parti de gauche, cette fermeture va exclure toute une série d'usagers des transports publics. « Malgré les avertissements des organisations d’usagers, de syndicats de cheminots, d’organisations de défense des personnes porteuses d’un handicap, la SNCB et le gouvernement persistent dans leur volonté de fermer les guichets, explique Maria Vindevoghel, députée fédérale du PTB. Nous ne nous résignons pas. Nous avons décidé de soutenir les usagers qui souhaitent mener une action en justice, sur base de la loi anti-discrimination de 2007. Au moyen de cette loi et de l’action en cessation, les citoyens peuvent exiger que la SNCB mette fin à un comportement (la fermeture des guichets) qui exclut toute une partie de la société de l’accès aux transports en commun. »

Jacky est pensionné et habite à Jette. Participant à l’action en justice, il témoigne : « On nous dit qu'on peut aller sur les automates. On nous a dit qu'on allait nous aider à apprendre, mais moi, je n'ai jamais été invité à participer à une formation pour me servir d’un automate. À l’automate, je ne sais pas comment bénéficier de ma réduction de 50 % par exemple. »

Philippe, de Renaix, souffre de la maladie de Parkinson : « Je fais régulièrement tomber des objets. L'utilisation de l’automate est difficile pour moi : il m’est difficile de saisir le billet de train au bas de la machine. C'est pourquoi je préfère me rendre au guichet. Le guichet, c’est ma liberté. »

Et Maria Vindevoghel de lancer un appel : « Nous invitons les usagers et les associations qui le souhaitent à rejoindre cette action en justice. Pour toute une série de gens, être seul face à l’application de vente en ligne ou l'automate, c'est se heurter à un mur. On parle ici en particulier des usagers faibles : personnes âgées, analphabètes ou illettrées, porteuses de handicaps physiques ou mentaux, ou encore victimes de la fracture numérique pour qui la présence humaine est indispensable. Sans une présence humaine, ils ne peuvent pas ou n'osent pas prendre le train. La question de l’insécurité revient également souvent. La SNCB ferme les guichets et déshumanise ses gares. Une gare sans personnel humain, c’est une gare moins sûre. Malheureusement l'agression de la cheminote vendredi dernier nous rappelle à quel point la violence peut être présente dans et aux abords des gares. »

Plutôt que de fermer les guichets comme l’ont décidé le Gouvernement et la SNCB, le parti de gauche plaide pour repenser le rôle des guichets dans les gares. Comme l’explique la députée fédérale, « les guichets pourraient non seulement vendre des billets de train, mais aussi rendre des tas d’autres services : informer les voyageurs sur les autres transports en commun, proposer de l’information touristique, voire même aider à effectuer des démarches administratives ». Et Maria Vindevoghel de conclure : « Personne ne doit rester à quai, certainement pas quand on est déjà victimes d'exclusion dans la société, le transport public doit être accessible à toutes et à tous. »