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Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie signe sa capitulation sans conditions. C’est la fin d’une guerre atroce et de la barbarie fasciste. L’une des dates les plus importantes de l’histoire. Il est temps de lui redonner la place qu’elle mérite sur le calendrier.

Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie signe sa capitulation sans conditions. C’est la fin d’une guerre atroce et de la barbarie fasciste. L’une des dates les plus importantes de l’histoire. Vous mobiliserez-vous pour que le 8 mai soit à nouveau un jour férié ? Vous pouvez le faire en rejoignant la coalition du 8 mai et en vous rendant au Fort de Breendonk le 8 mai 2022 à 11h00.

Des dizaines de millions de personnes ont été assassinées pendant la Seconde Guerre mondiale. Parce qu’elles étaient juives, slaves, communistes, homosexuelles, syndicalistes, handicapées, chrétiennes progressistes, etc.

En réaction à l’horreur du fascisme, la Déclaration universelle des droits de l’homme a été rédigée, des systèmes de sécurité sociale se sont développés, le mouvement de décolonisation s’est renforcé et l’antisémitisme et le racisme ont été désignés comme des idéologies criminelles sources de violence et de terreur.

Un jour férié pour les écoles et les administrations

« Jusqu’en 1974, les écoliers belges avaient congé le 8 mai. Cela aurait pu être un tremplin vers un jour férié pour l’ensemble de la population mais, au lieu de cela, le ministère de l’Enseignement de l’époque l’a supprimé. » C’est ce qu’écrivait Herman Van Goethem, recteur de l’université d’Anvers, dans une carte blanche publiée dans le quotidien De Morgen à l’occasion du 70e anniversaire de la libération. « Bien que la Région de Bruxelles-Capitale ait décidé en 2007 de faire du 8 mai un jour férié, les écoles ne sont pas fermées et de nombreuses administrations restent elles aussi ouvertes, poursuivait l’historien. En bref, en Belgique, le 8 mai n’est pas une journée bien différente des autres. » Il appelle à faire du 8 mai un jour férié officiel. C’est le cas en France, tandis que le Royaume-Uni célèbre également la libération autour du 8 mai.

Démasquer l'extrême droite

Les forces d’extrême droite montent dans le monde entier. Notre pays ne fait pas exception. Ici, elles visent pour 2024 l’accession au pouvoir tant au niveau communal que régional en Flandre. La menace est bien réelle et s’inscrit dans un climat général de droitisation de la société. La concertation sociale est détricotée petit à petit, la pauvreté et l’exploitation s’aggravent, l’espace démocratique se rétrécit, les syndicats sont mis sous pression, de même que le droit de grève et le principe de la séparation des pouvoirs sont mis mis à mal. L’idéologie raciste du « nos gens d’abord » rencontre de plus en plus de succès. Le racisme, le sexisme et l’homophobie ont le vent en poupe, les droits humains sont non seulement remis en question, mais même soumis à des conditions.

Pendant ce temps, on ne cesse de couper dans les services sociaux et publics, ce qui rend la vie aux gens qui se trouvent déjà au bas de l’échelle sociale encore plus dure. L’extrême droite leur fait croire que scinder la Belgique ou discriminer les personnes d’origine étrangère va résoudre tous leurs problèmes : les factures d’énergie qui explosent, la pression au travail, la crise du logement... 

Pour l’establishment, le racisme constitue une aubaine. Tandis que l’on monte les gens les uns contre les autres au bas de l’échelle, au sommet, les responsables ne sont pas inquiétés. C’est diviser pour mieux régner. Diviser la classe travailleuse au profit des intérêts des grandes entreprises et des plus riches.

Un tel climat d’extrémisme de droite peut-il mener au fascisme ? Nous ne pouvons ni fermer les yeux, ni rester les bras croisés. Commémorer le 8 mai inciterait les gens à prendre conscience de ce danger. 

Hommage à la résistance

En Belgique, le Front de l’indépendance (F.I.) était la principale organisation de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Fondée le 15 mars 1941, à l’initiative du Parti communiste de Belgique de l’époque, il rassemblait des organisations de résistance de différentes obédiences politiques. Il a notamment réussi l’exploit de parvenir à mettre en sécurité des milliers de Juifs, dont plus de deux mille enfants.

Des milliers de résistants ont perdu la vie dans cette lutte, ou en sont sortis marqués à vie. Commémorer le 8 mai, c’est réhabiliter l’antifascisme. Qui connaît encore l’histoire de communistes tels que Piet Akkerman, qui a mené des grèves dans le secteur du diamant et est mort en tant qu’antifasciste avec les Brigades internationales en Espagne ? Et qui se souvient de Gilberte Borgers qui, sous l’occupation, a organisé des grèves de femmes, avant d’être décapitée par les nazis ?

Faire en sorte que cette tragédie ne se reproduise plus jamais

Il est temps de sortir l’extrême droite de la normalité dans laquelle on l’a installée, de la démasquer et de la combattre. Le fascisme a de tout temps mené aux pires crimes contre l’humanité, à l’enfermement de syndicalistes, marxistes, socialistes, Roms, lesbiennes et gays, personnes transgenres et de tous les dissidents dans des camps de concentration. Il est à l’origine du génocide de six millions de Juifs, de l’assassinat de plus de 20 millions de personnes en Europe de l’Est et d’une guerre criminelle qui a coûté la vie à 60 millions de personnes. 

Ellen De Soete, fille de résistants, a déclaré le 8 mai 2021, lors de la cérémonie d’hommage au Fort de Breendonk : « Il faut que les jeunes et les moins jeunes puissent voir où peut mener la haine et quelle bête immonde est le fascisme. Car ce n’est qu’en connaissant son passé, son histoire, et en restant vigilant quant à nos libertés constitutionnelles, que l’on pourra faire les bons choix dans le futur, afin que cette horreur de l’histoire ne se répète jamais. »

La Coalition 8 mai mobilise pour une grande commémoration le 8 mai 2022 à 11h au Fort de Breendonk

Avec un large groupe d'organisations de la société civile comme la Ligue des Droits Humains et la FEF, mais aussi les deux grands syndicats FGTB et CSC, des personnalités comme Simon Gronowski, Reginald Moreels et Ellen de Soete lançent la Coalition 8 mai. L'objectif de la coalition est de faire en sorte que le 8 mai, jour de la libération, redevienne un jour férié officiel. Pour renforcer cette revendication, elle organise une commémoration au Fort de Breendonk le dimanche 8 mai 2022 à 11 heures. Soyons-y nombreux.

Plus d’infos sur www.coalition8mai.be ou via www.facebook.com/Coalition8Mai et Twitter.com/Coalition8Mai.

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En savoir plus sur le fascisme, la Seconde Guerre mondiale et la Résistance

Le Fort de Breendonk

Le Fort de Breendonk à Willebroek, à vingt kilomètres au sud d’Anvers, a été utilisé par les forces d’occupation allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale comme « camp d’accueil » pour les dissidents, les résistants, les otages et les Juifs. Aujourd’hui, le Fort est devenu un mémorial national et un musée. On peut y observer l’horreur de l’occupation allemande et ce à quoi le racisme, la discrimination, l’intolérance et le nationalisme extrême peuvent mener. Le Fort est ouvert tous les jours et accueille également les écoles et les groupes. Plus d'infos ici. (Photo Benoit Brummer)

Caserne Dossin

La Caserne Dossin à Malines, un bâtiment militaire du 18e siècle, a fait office d’antichambre de la mort pour plus de 25 000 Juifs et Tziganes belges et du Nord de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. De là, ils ont été déportés en train vers les camps d’extermination. Les baraquements historiques abritent désormais le Mémorial, un lieu de mémoire à la fois paisible et bouleversant. Le musée situé à côté de la caserne raconte l’histoire de l’Holocauste en Belgique. La Caserne Dossin est ouverte tous les jours sauf le mercredi. Un parcours d’animation interactif est également prévu pour les enfants. Plus d'infos ici.


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