Photo JL Bousmans

« Alors que Elio Di Rupo, ministre-président de la Région wallonne (PS), fait appel à l'audace et l'enthousiasme, pour beaucoup de citoyens, c'est surtout un sentiment d'abandon par les autorités publiques qui prédomine, annonce Germain Mugemangango, chef de groupe PTB au Parlement wallon. Des centaines de familles attendent encore un logement correct suite aux inondations, des milliers ne savent pas encore quand et combien elles toucheront des assurances ou du gouvernement wallon, et dans le même temps le prix de l'énergie monte en flèche et précarise la population. »

« Plus de 38 000 logements ont été touchés par les inondations, des centaines de milliers de wallonnes et wallons sont impactés, et plus de 2 mois après la catastrophe, les besoins sont énormes, explique le député PTB. La semaine passée, des sinistrés manifestaient encore pour demander des logements décents. On sait que plus de 8 000 logements sont nécessaires, mais, par exemple, sur les réquisitions d'habitats inoccupés, le gouvernement laisse les communes se débrouiller seules. Pourtant rien que sur Liège on compte 3 000 logements vacants qui pourraient servir à loger des sinistrés. »

On peut aussi pointer l’indemnisation des sinistrés mal ou pas assurés. En effet, les sinistrés qui n’ont pas assuré les murs de leur maison recevront une intervention à hauteur de 50 % du montant des dégâts évalués, avec un plafond limité à 80 000 euros. « C’est indigne, réagit Germain Mugemangango. Indemniser les sinistrés propriétaires de leur maison, même non ou mal assurés, à hauteur de seulement 80 000 euros maximum, c'est bien en dessous de la valeur moyenne, 180 000 €, du marché immobilier avant les inondations. »

« Par contre, c'est la fête pour les assurances. Grâce à l'accord qu'elles ont fait avec Elio Di Rupo, elles ne devront payer que 590 millions d'euros sur les 1,7 milliards de dégâts. Cela revient à un cadeau de pas moins d’un milliard d’euros aux assurances. Alors qu'elles ont fait 15 milliards de bénéfices en cinq ans. On paie 100% de notre prime d’assurance mais, quand on en a besoin, les assurances ne contribuent qu’à hauteur de 38 % des dégâts, s'indigne Germain Mugemangango. »

La Région wallonne va donc devoir débourser un milliard pour aider les sinistrés à la place des assurances. Pour le député de gauche, cet argent aurait été pourtant bien utile pour construire des nouveaux logements publics pour reloger les sinistrés, pour couvrir l'entièreté de la reconstruction des infrastructures touchées par les inondations, ce qui ne sera pas le cas pour toutes les communes, ou pour mettre en place des politiques sociales sur les zones les plus touchées. 

« Il ne faut pas oublier qu'à côté des inondations, d'autres drames sociaux se produisent. On entend parler de licenciement dans des entreprises comme AGC Fleurus qui vont pousser des centaines de familles dans l'inquiétude et la précarité. Les prix de l'énergie augmentent sans cesse, appauvrissant les ménages wallons. Et 40 000 familles sont toujours en attente d'un logement social. L'audace dont parle M. Di Rupo, cela doit être celle de renoncer aux vieilles recettes traditionnelles de cadeaux aux entreprises, et de répondre à l'urgence sociale par des politiques fortes de création d'emplois publics, de logements publics et de production d'énergie renouvelable publique accessible à tous. Pour ça, on sera enthousiastes, conclut Germain Mugemangango. »