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Le plan canicule du PTB

La Belgique connait une vague de chaleur inédite. L’IRM prévient que les températures enregistrées cette semaine pourraient être parmi les plus élevées jamais observées dans notre pays. Ces canicules sur lesquelles Théo Francken préfère ironiser en conseillant de  “profiter du beau temps avec une bonne bière”, sont une conséquence du dérèglement climatique. Nous devons adapter nos lieux de travail et de vie, de soin et d’enseignement pour s’y préparer et en réduire les effets.

Jeudi 25 juin 2026

La Belgique connait une vague de chaleur inédite. L’IRM prévient que les températures enregistrées cette semaine pourraient être parmi les plus élevées jamais observées dans notre pays. Ces canicules sur lesquelles Théo Francken préfère ironiser en conseillant de “profiter du beau temps avec une bonne bière”, sont une conséquence du dérèglement climatique. Nous devons adapter nos lieux de travail et de vie, de soin et d’enseignement pour s’y préparer et en réduire les effets.

La canicule est aussi une question de classe.

On ne la supporte pas de la même manière dans un bureau climatisé ou une résidence luxueuse que dans un appartement mal isolé qui devient une boulloire thermique en été ou sur un chantier, dans une cuisine, un entrepôt, une classe à 35 °C ou une maison de repos sans air conditionné. Les riches ne meurent pas sous la chaleur. Ce sont les travailleurs, les enfants, les personnes âgées et les plus fragiles qui en paient le prix.

Que propose le gouvernement Arizona face à ces températures exceptionnelles ? Boire de l’eau, éviter les sodas ou les boissons alcoolisées. Qu’impose le gouvernement aux patrons qui exposent leurs travailleurs à des chaleurs extrêmes : distribuer des boissons fraîches et de la crème solaire et aérer les bâtiments ?

Et surtout que font le gouvernement fédéral et les autres niveaux de pouvoir pour s’adapter et réduire l’impact de tels phénomènes de chaleur qui risquent de se produire plus fréquemment ? Pratiquement rien, voire même tout le contraire de ce qu’il faudrait faire : moins de budget pour rénover et isoler les logements et les bâtiments publics, des coupes dans les budgets qui obligent à fermer des piscine et réduire les heures d’ouverture des services publics, manque de moyens pour les services de secours, pas de plan pour prévenir et lutter contre les canicules.

Et les investissements dans l’industrie militaire vont encore aggraver la situation. Ils nous privent de moyens pour développer les énergies renouvelables, l'isolation thermique et les transports publics. De plus, le secteur militaire est lui-même particulièrement polluant. Le PTB propose un plan canicule avec cinq mesures urgentes pour faire face à ces fortes chaleurs immédiatement, dans les prochains jours :

  1. Garantir le droit à la fraîcheur au travail. A l’instar de la Confédération européenne des syndicats (CES), nous demandons des règles claires sur les températures maximales de travail afin de rendre plus strictes les mesures de prévention (pauses fréquentes et rémunérées, accès à l'eau gratuite et à la ventilation, télétravail quand c’est possible, ...). Nous voulons une mesure simple avec des températures à partir desquelles des mesures doivent être prises, avec un seuil plus bas pour les métiers physiques ou exposés au soleil. La réduction du temps de travail, voir la suspension du travail en extérieur, comme cela existe en Grèce1, sans perte de salaire, sont appliquées en cas de trop forte chaleur.

  2. Un congé payé en cas de fermetures d'écoles. C’est impossible de donner cours dans une classe où il fait 35 degrés. Dans le cas de la fermeture d’école due aux températures extrêmes, les parents doivent pouvoir rester à la maison pour garder leurs enfants. Là où c’est possible, nous organisons des garderies communales dans des bâtiments frais (bibliothèques, musées, bâtiments communaux…) pour accueillir les enfants qui vivent dans des logements surchauffés, en donnant des moyens supplémentaires aux écoles et aux associations (écoles des devoir, ASBL…). Côté francophone, nous refusons la « circulaire Glatigny » qui impose aux directeurs d’école de garder les classes ouvertes en infraction avec le droit du travail et fait reposer toute la responsabilité de malaises ou problèmes de santé sur ces directions2. -

  3. Un plan de climatisation massif des maisons de repos, hôpitaux et crèches. Les personnes les plus vulnérables face à la chaleur sont les personnes âgées et les personnes malades, c’est la raison pour laquelle il faut installer en priorité, et entretenir, la climatisation dans les maisons de repos,les hôpitaux et les crèches qui en sont dépourvus. Immédiatement avec des dispositifs mobiles, et au plus vite de façon structurelle. 

  4. Rendre l'accès gratuit à la piscine et aux lieux frais : Dans les villes, certaines familles, vivent dans de véritables bouilloires thermiques. Comme le fait par exemple la ville de Genève, il faut cartographier les îlots de fraîcheurs et rendre gratuit l’accès aux piscines, aux parcs aquatiques privés, aux cinémas et aux musées pour permettre à l’accès à la fraîcheur à celles et ceux qui n’y ont pas accès chez eux. Élargir les heures d’ouverture des bâtiments publics, des églises, des piscines, des gares et parcs et autres espaces frais. Distribuer de l’eau gratuitement dans les lieux publics fréquentés via la protection civile ou la croix-rouge. Ouvrir des lieux de baignade en plein air et surveillés là où c’est possible et donner accès à ces lieux avec une offre renforcée de transports publics (domaines provinciaux etc.). Donner des moyens supplémentaires aux associations qui s’occupent des plus précarisés (ouverture de lieux d’accueil avec moyens pour du personnel supplémentaire…)

  5. Un plan « ombre » dans les espaces publics. Des mesures simples, comme tendre des toiles d’ombrages au-dessus de rues très fréquentées, sur les places publiques qui manquent d’ombre ou dans les cours d’écoles, comme on le fait dans les villes espagnoles, permet de réduire la température de plusieurs degrés et de limiter l’exposition au soleil3. De même, distribuer gratuitement des protections solaires et des stores anti-chaleurs à placer devant les fenêtres des logements mal isolés permet de faire baisser la température de plusieurs degrés à la maison. Enfin, imposer aux grandes entreprises de prendre des mesures pour mieux aérer et refroidir les lieux de travail. 

Des solutions sociales pour le climat à plus long termes

Il est certain que dans les décennies à venir la fréquence et l'intensité des canicules vont augmenter en Belgique. Ces canicules que l'on vit sont les conséquences directes du réchauffement climatique. Nous sommes actuellement à 1,36°C de réchauffement en moyenne globale alors que les politiques actuelles des pays nous dirigent vers 2,8°C de plus. Chaque dixième de degré de réchauffement climatique supplémentaire nous expose à plus de canicule et des canicules plus intenses. Les jeunes générations y seront donc d’autant plus confrontés.

Avec le PTB, nous voulons donc investir dans la transition et l’adaptation avec des mesures à moyen et long termes pour s’adapter et réduire l’impact des canicules futures :

  • Avoir une politique ambitieuse de rénovation des logements, rue par rue, quartier par quartier : Il est urgent d’isoler le bâti pour faire face aux vagues de chaleur. Cela permettra également de faire des économies d’électricité puisque, si les logements sont mieux isolés et protégés du soleil, ils devront moins être climatisés ou chauffés. Nous facilitons la rénovation via le système de tiers-payant public afin que cela ne soit pas seulement les ménages qui ont les moyens de réaliser des travaux qui puissent se mettre à l’abri.

  • Rénover les bâtiments publics, en commençant par les écoles, les centres de soins et les maisons de repos pour les adapter entre autres aux nouvelles conditions climatiques.

  • Encourager le verdissement des espaces publics et la création d’espaces publics ombragés. Des places et des rues moins bétonnées, avec de l’espace pour laisser l’eau s’infiltrer et la végétation pousser, des fontaines publiques ou des jeux d’eau pour les enfants, des dispositifs de pulvérisation d’eau fraîches… Il existe de multiples moyens de rendre l’espace public moins chaud.

  • Développer des « îlots de fraîcheur » publics dans chaque commune, dans chaque quartier des villes et informer la population. Chacun doit avoir à proximité de chez lui une école, une bibliothèque, un bâtiment communal, une gare où se rendre en cas de forte chaleur, pour se reposer, travailler, étudier à l’abri de la chaleur. Cela implique de rénover et isoler ces bâtiments au plus vite et de prévoir l’équipement et le personnel pour gérer ces lieux.

  • Donner accès à l’eau : Installer des points d’eau et des sanitaires (WC et douches) publics et gratuits dans les lieux les plus fréquentés. Lancer un grand plan de rénovation et de développement de piscines fermées ou en plein air, contre les économies actuelles. C’est comme cela que la France a lutté contre les noyades et les accidents dans les années ’70 avec un programme national qui a permis l’ouverture de centaines de piscines4. A l’inverse des politiques actuelles (fermeture de piscines ou domaines provinciaux).