Photo Solidaire, Sophie Lerouge

Les dix nouveaux élus du PTB au Parlement wallon ont prêté serment ce mardi. Le premier député ouvrier du PTB à la Région wallonne, Frédéric Gillot, a transmis symboliquement ce mardi le flambeau ces élus du peuple, en présence de membres du PTB et de son président, Peter Mertens.

Les élections du 26 mai ont totalement bousculé le paysage politique belge. Elles ont mis à jour une grande volonté de rupture avec les politiques du passé. Les partis traditionnels ont reculé partout. Le PTB a engrangé près de 600 000 voix dans tout le pays. En Wallonie, le PTB a recueilli près de 14 % des voix.

Germain Mugemangango, porte-parole francophone et chef de groupe du PTB au Parlement wallon : « La volonté de rupture chez les électeurs par rapport à ce qui a été fait jusqu’ici est très forte. Les gens veulent des logements décents, ils veulent des mesures ambitieuses pour le climat et des emplois dignes pour construire leur vie. C’est ça le signal qui été donné. Ce signal doit être respecté. Il ne s’agit pas ici évidemment d’exiger la mise en application immédiates des 849 propositions de notre programme, ni même de commencer à préjuger de ce que sera le contenu exact d’éventuelles négociations à venir, mais bien de définir un petit nombre de points qui constituent pour nous des points de rupture. »

Parmi ces points de rupture : une grille contraignante pour faire baisser les loyers, des transports en communs gratuits, des objectifs climatiques à la hauteur des exigences scientifiques, une réelle transparence et la fin des privilèges des parlementaires… Les électeurs du PTB se sont clairement prononcés pour une rupture avec la politique menée jusqu’à présent par la Région. A l’intérieur comme à l’extérieur du Parlement, la nouvelle équipe, très motivée, compte bien se battre pour une vraie révolution climatique et sociale en Wallonie.

Prestation populaire

Avant la prestation de serment « officielle », dans le Parlement, les dix élus du PTB se sont retrouvés dans la rue, devant l'institution dans laquelle ils vont siéger pour une « prestation populaire ». « Nous sommes fiers de compter, dans tous les élus du PTB, un tiers de travailleurs. C'est cette voix que nous allons porter », a commencé Germain Mugemangango.

« Cette action est le symbole de ce que nous ferons pendant 5 ans : partir du vécu de la population, en être le relais au Parlement, puis retourner dans les quartiers et les lieux de travail, a ensuite expliqué la nouvelle députée Alice Bernard. Avec cette belle équipe et tous les membres du parti, nous voulons ouvrir grand les portes et les fenêtres du Parlement pour qu'y résonnent les priorités des gens et pas du profit. Parce que les changements viennent d’abord des luttes qui se mènent sur le terrain. (...) Notre serment populaire se veut aussi l'expression de notre engagement désintéressé. Pendant la campagne, de Tournai à Verviers ou d’Arlon à Nivelles, sur les marchés, dans les entreprises, nous avons perçu l’immense dégoût par rapport aux privilèges que s’accordent les politiciens des partis traditionnels. “Tous les mêmes, des voleurs, des pourris” et j’en passe. Nous voulons faire cesser ces privilèges, servir et pas nous servir. Et nous commençons par nous-mêmes. Nous venons du monde du travail et nous y resterons. Nous continuerons à vivre avec le même revenu qu’avant notre élection. »

Ils ont prêté serment devant la quarantaine de membres du PTB venus pour l'occasion par la voix de leur benjamine, Laure Lekane : « Nous jurons fidélité au peuple et aux travailleuses et travailleurs. Nous nous engageons à travailler selon le principe rue-Parlement-rue. Nous promettons d'utiliser notre mandat pour servir, pas pour nous servir. Nous nous engageons à continuer à vivre avec notre salaire de travailleurs. »

« Nous savons qui nous sommes, qui nous représentons »

Frédéric Gillot, élu au même endroit en 2014 et premier élu du parti de gauche à ce niveau, a ensuite passé symboliquement le relais : « Avant que je n'oublie, voici déjà la clé du bureau. Je vous préviens, il ne fait que 3 mètres sur deux et il n'y a pas Internet, a-t-il plaisanté en remettant la clé à Germain Mugemangango. Je suis très fier de passer le relais à une telle équipe. Si j'ai un conseil, c'est : n'ayez peur de rien ni de personne. Nous savons qui nous sommes, qui a voté pour nous, qui nous représentons. »

Peter Mertens, le président du PTB et récemment élu au Parlement fédéral depuis Anvers, a ensuite clôturé la petite cérémonie : « Merci à Frédéric Gillot d'avoir été le premier député wallon du PTB. Il a joué le rôle de brise-glace pour nos nouveaux élus. Il y a moins de vingt ans, en 2000, nous avions cinq mandataires dans tout le pays. Aujourd'hui, nous sommes plus de 200, dont une quarantaine de députés dans tous les Parlements du pays et à l'Europe. Quand on regarde la carte de l'Europe, on est à contre-courant. L'extrême droite perce partout et la gauche authentique n'arrive pas à se faire entendre. Nous, nous y arrivons. Cela nous donne une responsabilité. Aujourd'hui, je suis très fier d'être présent avec les dix députés marxistes qui vont faire leur entrée au Parlement wallon. Il y a aussi les 11 qui vont entrer dans le Parlement bruxellois tantôt, les quatre élus au Parlement flamand et les 12 du fédéral qui feront leur entrée la semaine prochaine. Aujourd'hui, vous êtes regardés par tout le pays. Et demain, vous regarderez au Nord. Je suis très fier d'être le président d'un parti national. »

 

Voici les dix élus du PTB au Parlement wallon qui vont défendre la voix des travailleurs

Julien Liradelfo, mécanicien, a pris une part active dans la lutte des travailleurs d’Arcelor Mittal en région liégeoise. « Le gouvernement wallon s’est montré totalement incapable de protéger les emplois dans la région. On ne peut pas à la fois prétendre qu’on se bat pour des jobs et contre la pauvreté et pourtant détruire des emplois qu’on aurait pu sauver. »

Ex-cheminot, Antoine Hermant est aujourd’hui enseignant. Il voit son action au parlement wallon comme le prolongement de celle qu’il mène au conseil communal de La Louvière depuis 2012. « Là-bas, dès qu'on se bat contre des taxes injustes, par exemple, la majorité nous répète : “Vous n'avez qu'à en parler à la Région.” Nous allons pouvoir le faire. »

Cela fait plus de 30 ans que John Beugnies est employé dans une briqueterie. « Je compte proposer à tous les parlementaires de venir faire un stage dans la briquetterie où je travaille. On verra s'ils veulent faire bosser les gens plus longtemps ! Les députés de tous les parlements prennent ce genre de décisions car ils sont déconnectés de la réalité des travailleurs. »

Ligue des familles, journaliste, syndicaliste… Alice Bernard a eu plusieurs vies, toujours au service des travailleurs. « En terme d'insertion socio-professionnelle, la Région doit garantir un financement structurel et sortir le secteur de l'aide sociale des mains du marché. Les réformes doivent aller dans ce sens. »

Prof de math, Samuel Nemes est ingénieur agronome de formation. « J’ai vu à quel point mes élèves sont déterminés dans leur mobilisation pour le climat. Ils sont vraiment inspirants, il faut que la politique wallonne soit à la hauteur de leurs attentes ».

Jeune institutrice de 29 ans, Anouk Vandevoorde veut agir contre les dysfonctionnements de l’enseignement : « D’un côté, on ne donne pas aux élèves les moyens de réussir, de l’autre on ne permet pas aux enseignants de travailler dans des conditions décentes… on doit sortir l’enseignement de cette impasse. »

Jori Dupont, le jeune responsable du PTB Tournai veut défendre l’environnement : « Il est temps pour une révolution climatique. Il nous reste 10 ans selon les experts scientifiques. Un levier est de rendre gratuit les TEC. Pas partiellement, comme le veulent certains partis, mais totalement. Cela couterait moins de 150 millions d'euros. Sur un budget de plus ou moins 14 milliards, la Région a les moyens. »

Amandine Pavet, graphiste, a pas mal galéré, elle avait 20 ans lors de la crise en 2008. Stages non rémunérés, petits boulots, intérimaire… “Ce n’est pas normal de se voir vivre moins bien que ses parents alors qu’on vit dans un pays riche ! »

Assistante sociale de formation, Laure Lekane est militante « depuis toujours ». Conseillère communale à Oupeye, elle est convaincue que c’est en mobilisant les travailleurs et la population qu’on pourra changer les choses.

Le chef de groupe parlementaire est Germain Mugemangango, porte-parole francophone du PTB.

C’est donc une équipe riche de sa diversité et de son expérience qui débarque à Namur et compte bien réveiller le Parlement.


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  • Theo Aerts
    a commenté 2019-06-11 15:59:21 +0200
    Bravo à cette belle équipe !
  • fernand soupart
    a commenté 2019-06-11 15:12:20 +0200
    je leur souhaite de tous coeur bon courage et longue carriere politique avec le ptb

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