Enseignement supérieur : non à la réforme de la ministre Glatigny qui revient à exclure les étudiants en difficulté

Photo Alexey Pevnev/Shutterstock

Le PTB et son mouvement étudiant Comac s’opposent à la réforme du décret Paysage annoncée par la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny (MR). « Après un semestre marqué par le coronavirus, qui a particulièrement mis en évidence les inégalités entre étudiants, la ministre vient avec une réforme importante qui mènera à l’exclusion des étudiants en difficulté qui ne réussissent pas rapidement leur première année. Il faut au contraire les aider et s’en prendre aux causes réelles de l’échec, à savoir le sous-financement de l’enseignement supérieur, la précarité étudiante et le caractère inégalitaire de notre enseignement », déclarent Octave Daube, porte-parole de Comac, et Anouk Vandevoorde, députée PTB. Le PTB et Comac appellent les partis au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles à rejeter le plan de la ministre.

Le décret Paysage a pour conséquence d’augmenter le nombre d’échecs et d’années d’étude pour les étudiants, renforçant les inégalités dans l’enseignement supérieur. Dès 2013, Comac avait prédit cette dérive et s’y était donc opposé. À l’époque, Comac expliquait que, pour s’attaquer à l’échec scolaire, il fallait absolument refinancer l’enseignement supérieur et renforcer l’aide à la réussite.

Mais la ministre refuse de s’en prendre aux causes de l’échec et sa réponse consiste à sanctionner les étudiants qui ne parviendraient pas à valider leurs 60 crédits de Bac 1 en deux années académiques ou à terminer leur bachelier en 5 ans. « La crise du coronavirus a montré l’ampleur des inégalités dans l’enseignement supérieur, avec 1 étudiant sur 4 qui ne dispose pas d’endroit convenable pour étudier chez lui. Pourtant, la ministre semble n’en tirer aucune leçon. Elle doit s’attaquer aux vraies causes de l’échec », insistent Octave Daube et Anouk Vandevoorde.

L’enseignement supérieur doit être refinancé, tous les acteurs du secteur sont unanimes. « La Fédération des étudiant.e.s francophones (FEF) calcule que 150 millions par an sont nécessaires dès maintenant pour répondre aux besoins. La ministre ne promet que 50 millions pour 2024, c’est bien en dessous de ce qui est nécessaire », rappelle Octave Daube.

L’explosion de la précarité étudiante a également un impact sur la réussite. « À l’heure actuelle, 1 étudiant sur 3 doit travailler pour payer ses études. La crise sanitaire a encore aggravé la précarité étudiante et beaucoup d'étudiants craignent d’avoir plus de difficultés pour trouver un job étudiant. Pourtant, la ministre se contente de promettre une campagne d’information sur les aides existantes, mais n’annonce aucune mesure ambitieuse et concrète », explique la députée PTB.

Il est aussi crucial d’investir dans l’aide à la réussite. « Pourtant, la ministre a encore confirmé en commission ce 8 septembre qu’elle ne donnerait aucune directive ou investissement supplémentaire en ce sens », critique Anouk Vandevoorde.

« Au lieu de tenter de rejeter la faute sur les étudiants, nous appelons la ministre à prendre ses responsabilités en investissant dans l’aide à la réussite, en prenant de réelles mesures pour lutter contre la précarité étudiante et en refinançant l’enseignement supérieur à hauteur de ses besoins », concluent Octave Daube et Anouk Vandevoorde.


Montrer 1 réaction

SVP vérifiez votre boîte email afin d'utiliser le lien pour activer votre compte.
  • Eric Moreels
    a commenté 2020-09-16 07:51:38 +0200
    A nouveau, c’est l’étudiant en difficulté pour diverses raisons ( sociales, financières,… ) qui est visé dans cette réforme. Suite à cette réforme, seuls les “élites” ( riches, classe sociale supérieure, surdoué,… ) pourront suivre les cours dans l’enseignement supérieur, les autres qui sont moins performants seront éjectés du cursus. Cette réforme alimentera la lutte des classes et la précarité. Encore une " idée de génie du MR ".

Suivez le PTB