Electrabel transfère 1,2 milliard d'euros : « Qu'attend le gouvernement pour puiser dans ces surprofits ? »

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Le PTB est en colère à l’annonce du versement de 1,2 milliard d'euros de dividendes d’Electrabel à sa société mère Engie. « À l'heure où des centaines de milliers de familles peinent à joindre les deux bouts, une poignée d'actionnaires s’enrichit grâce aux prix élevés de l'énergie, réagit Raoul Hedebouw, président du PTB. Le gouvernement, lui, continue de tourner en rond. Qu'attend-il pour puiser dans ces surprofits ? L'Italie a prouvé que c'est parfaitement possible. »

Le PTB est en colère à l’annonce du versement de 1,2 milliard d'euros de dividendes d’Electrabel à sa société mère Engie. « À l'heure où des centaines de milliers de familles peinent à joindre les deux bouts, une poignée d'actionnaires s’enrichit grâce aux prix élevés de l'énergie, réagit Raoul Hedebouw, président du PTB. Le gouvernement, lui, continue de tourner en rond. Qu'attend-il pour puiser dans ces surprofits ? L'Italie a prouvé que c'est parfaitement possible. »

Le parti de gauche plaide depuis longtemps en faveur d'un prélèvement spécial sur les surprofits qu'Electrabel réalise actuellement, et de l’utilisation des recettes de cette mesure pour bloquer les prix de l'énergie.

Raoul Hedebouw répond par ailleurs aux propos du Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld), qui a affirmé ce matin que le Gouvernement fait déjà suffisamment d'efforts pour puiser dans ces surprofits : « Ce que le Premier ministre De Croo omet de mentionner, c'est que la taxe nucléaire à laquelle il fait référence ne prélève qu'un cinquième des surprofits. Même après que la multinationale de l’énergie a payé cette taxe nucléaire, ses actionnaires recevront encore 1,8 milliard d'euros pour la période 2021-2022. Cet argent, nous pouvons parfaitement l’utiliser pour bloquer les prix de l'énergie pour les familles. »

« Et ce que le Premier ministre De Croo ne mentionne pas non plus, c'est que le régulateur de l'énergie, la CREG, a déjà donné son feu vert en février à une taxe exceptionnelle plus élevée pour aller puiser dans les surprofits exceptionnels générés pendant cette crise énergétique, poursuit Raoul Hedebouw. L'Italie le fait déjà aujourd'hui, d'ailleurs : le gouvernement italien a introduit une taxe sur les surprofits pour réduire la facture énergétique des ménages. Ce n'est donc pas une question de faisabilité, mais de volonté politique. »

Le président du PTB remet sur la table la proposition de loi du PTB visant à puiser dans les surprofits dans le secteur de l'énergie : « Les gens ne peuvent pas se permettre d'attendre plus longtemps. Vu l'absence d’initiative concrète du Gouvernement, nous avons demandé hier à la commission Énergie de la Chambre de lancer le débat parlementaire sur notre proposition de loi. Avec succès. Prochaine étape : dans le courant du mois, le régulateur de l'énergie, la CREG, viendra à la Chambre pour donner son avis sur notre proposition. »

Au début de cette année, le service d'étude du PTB a déjà calculé ce que rapporterait la taxe nucléaire existante. Il a montré que, sur la base de la législation en vigueur et des contrats actuels, les exploitants de centrales nucléaires contribuent en moyenne à hauteur d’à peine 20,65 % de leurs surprofits par le biais de la taxe nucléaire. « Le système actuel de taxes nucléaires est donc clairement inadéquat pour taxer les surprofits. Si le Gouvernement veut tenir sa promesse, selon laquelle “personne ne doit s'enrichir pendant cette crise énergétique”, des mesures supplémentaires sont nécessaires », conclut Raoul Hedebouw.