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Le PTB demande au gouvernement wallon de diminuer de 140 euros la facture des familles en Wallonie. Nous n'avons jamais payé aussi cher pour le gaz et l'électricité. 

La CREG, la Commission fédérale de régulation de l’électricité et du gaz, a calculé qu'en septembre 2021, nous avons payé plus de 700 euros de plus pour le gaz et l'électricité qu'un an auparavant. Entre-temps, les prix ont encore grimpé. Le régulateur estime qu'il faudra attendre l'été 2022 pour voir les prix repartir à la baisse. Si le PTB en appelle au niveau fédéral afin de réduire de 21 % à 6 % la TVA sur l’énergie, il en appelle aussi au gouvernement wallon pour qu’il prenne des mesures immédiates pour réduire la facture énergétique des citoyens.

Antoine Hermant, député wallon pour le parti de gauche et président de la Commission énergie au Parlement de Wallonie, réagit : « Le gouvernement Di Rupo doit prendre sa part de responsabilité au niveau régional pour réduire la facture des familles. Comme le disent le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP) et Test-Achats, la facture d’énergie s’est transformée en feuille d’impôt. Les subsides aux énergies renouvelables ont été facturés directement aux familles. Il est temps que ça cesse. Tous les jours nous avons des témoignages qui alertent sur la détresse des familles suite à l’augmentation des factures. »

Le député explique la mesure : « Si le PTB veut à terme supprimer le coût de l’énergie verte de la facture d’électricité, nous demandons aujourd’hui de réduire ces coûts de 70 % immédiatement en Wallonie. Cela aura comme conséquence, une diminution de 140 euros par an sur la facture d'énergie d'un ménage moyen. Avec les mesures fédérales (diminution de la TVA) que le PTB propose, c’est une diminution de 454 euros par an de la facture d’énergie qui est proposée au niveau wallon. »

Le PTB a lancé un calculateur d'énergie en ligne (www.baissonslafacture.be) où les familles peuvent apercevoir ce qu’elles pourraient économiser avec ce plan.

Pour financer cette réduction de la facture énergétique des ménages au niveau régional, nous proposons une intervention de 520 millions d’euros de la part de la Région wallonne :

1. Utiliser une partie des recettes du système du marché européen du carbone ETS allouée à la Wallonie, en nette augmentation. Il s’agit de 149 millions d’euros pour la Wallonie cette année (via le « Fonds Kyoto »). Vu que la crise est probablement en partie conjoncturelle, il est raisonnable de prélever exceptionnellement une partie de la réserve également (366 millions disponibles).

2. Réévaluer les subsides aux grosses entreprises. Par exemple, les « accords de branche » que le gouvernement wallon a conclus avec l'industrie. Ce sont 140 millions d'euros perdus chaque année par la Wallonie au bénéfice des grandes entreprises. Il a déjà été démontré par Inter-Environnement Wallonie (IEW) qu'ils n'atteignent pas du tout leur objectif environnemental.

3. Supprimer les subsides régionaux, véritables permis de polluer de la part de la Wallonie, que les multinationales reçoivent via le mécanisme du « carbon leakage ». Depuis 2018, à la demande du conseil de l’industrie, qui rassemble des multinationales comme GSK, UCB, Alstom ou Google, la Région a décidé de mettre en place ces aides. Il s’agit de 20 millions d’euros qui devraient revenir dans les mains de la collectivité pour la transition climatique.

4. Payer le reste par le budget wallon. 170 millions euros concernent la bulle des certificats verts qui va s’estomper en quelques années.

« Les prix de l’énergie explosent, conclut Antoine Hermant. Les fournisseurs d'énergie suggèrent aux consommateurs de doubler ou tripler leur provision mensuelle. C’est tout simplement intenable. C’est pour cette raison que le PTB demande des mesures à la hauteur de l’urgence pour de nombreuses familles wallonnes qui sont dans l’impossibilité de payer ce qui leur est demandé. Nous déposerons au Parlement de Wallonie une résolution pour la suppression du mécanisme du carbon leakage, et un décret sur la diminution des charges régionales environnementales. »


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