Deux nouveaux féminicides : Le PTB réclame une politique active contre les violences faites aux femmes

Photo Solidaire, Fabienne Pennewaert

Ce dimanche 18 avril, une jeune mère de cinq enfants est décédée à Rochefort, après avoir été poignardée par son compagnon. Le jeudi précédent, à Couvin dans la province de Namur, Muriel avait également perdu la vie, elle aussi tuée à coups de couteau. « Les féminicides se succèdent rapidement, constate Maria Vindevoghel, députée PTB à la Chambre. On en compte déjà onze cette année. Dans les chiffres officiels de Sciensano, nous constatons une nette augmentation des violences intrafamiliales depuis le début de la pandémie. Information frappante : les jeunes sont particulièrement vulnérables. Il est temps d’agir. » Le PTB appelle le gouvernement à prendre des mesures fortes contre les violences faites aux femmes, en augmentation.

Ce mercredi 21 avril, le Parlement fédéral organise une session spéciale sur les violences intrafamiliales. « Nous soutiendrons la proposition de résolution qui nous est présentée, déclare Maria Vindevoghel. Mais nous ne voulons pas nous contenter de belles paroles et de bonnes intentions. Le gouvernement doit prendre des mesures concrètes dès maintenant pour mettre fin aux violences intrafamiliales. »

« Ces onze féminicides sur un court laps de temps mettent une fois de plus en exergue l'urgence d'une politique active dans ce domaine, souligne Maria Vindevoghel. L'attitude hésitante de la secrétaire d'État à l'Égalité des genres, Sarah Schlitz, dans la mise en œuvre de son propre plan d'action fédéral contre les violences intrafamiliales, présenté en novembre de l'année dernière, ne nous rassure pas. Cela fait maintenant six mois et la mise en œuvre de ce plan progresse trop lentement. Lorsque j'interroge la secrétaire d'État à ce sujet, elle ne répond que par une série de vagues promesses à long terme. Mais c’est aujourd'hui qu’il faut agir, pas demain. »

La députée de gauche estime, par exemple, qu'il faut lancer d’urgence une vaste campagne pour donner plus de visibilité aux lignes d'assistance téléphonique, comme le 1712 en néerlandais ou le 0800/30.030 en français, afin de les faire connaître au grand public. « Tant que nous verrons pas de changements concrets sur le terrain, nous continuerons à taper sur ce clou », ajoute Maria Vindevoghel.

Le PTB regrette que, dans la résolution, les partis de la majorité n'abordent pas le renforcement de la position socio-économique des femmes. « Les femmes sont souvent dépendantes de leur partenaire, explique Maria Vindevoghel, ce qui contribue à l'inégalité des rapports de force au sein du couple, et augmente le risque de violence intrafamiliale. En raison de cette dépendance financière, il est également plus difficile pour les victimes d'échapper à une situation de violence. » Mais la proposition du PTB d’augmenter le salaire minimum à 14 euros et de relever les revenus de remplacement au-dessus du seuil de pauvreté a été rejetée par les partis de la majorité. « Si le gouvernement veut s'attaquer sérieusement aux violences intrafamiliales, il ne peut pas ignorer la nécessité de renforcer l'indépendance financière des femmes », poursuit la députée de gauche, qui déplore également que le point sur la lutte contre les violences intrafamiliales pour les sans-papiers ait été retiré en dernière minute. « Ce groupe particulièrement vulnérable a droit à une protection, comme l'exige d'ailleurs la Convention d'Istanbul », justifie Maria Vindevoghel.

« La lutte contre les violences faites aux femmes doit passer d'urgence à la vitesse supérieure, affirme la députée PTB. Fin mars, la Turquie s'est retirée de la Convention d'Istanbul, un traité international qui engage les pays signataires à lutter contre les violences faites aux femmes. Cela avait alors suscité l’indignation de la plupart des partis politiques, à juste titre. Mais notre pays a encore du chemin à parcourir pour mettre en œuvre le traité dans son intégralité. Cette résolution peut constituer un premier pas dans la bonne direction. Mais il faut que ça avance vraiment, maintenant. Et un budget suffisant doit être débloqué pour mettre en œuvre ces mesures. Ce plan ne doit pas avoir l’effet d’un pétard mouillé. »

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