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Le Conseil central de l’économie (CCE) a défini une marge maximale d’augmentation salariale pour les deux ans à venir de… 0,4 %. « Ce chiffre montre toute l’absurdité de la loi de 1996. Elle bloque nos salaires, alors que des marges sont disponibles pour des vraies hausses salariales. Il faut prendre des mesures d’urgence pour sortir du carcan de cette loi », réagit Raoul Hedebouw, porte-parole national du PTB.

Le PTB dénonce en particulier qu’il s’agit d’un maximum qui s’impose à toute la classe des travailleurs du pays. « C’est absurde. Prenons un exemple. Colruyt augmente ses dividendes et va distribuer 183 millions à ses actionnaires pour l’année 2020, développe Raoul Hedebouw. Dans le même temps, les travailleurs et travailleuses de la boîte ont été au front pendant la crise du Covid-19. Certains sont mêmes décédés du virus. Et, aujourd’hui, on voudrait leur interdire de négocier de vraies augmentations de salaire ? 0,4 % d’augmentation, cela représente à peine quelques centimes en plus par heure et quelques euros à la fin du mois. » Pourtant, cela coûterait à peine 67 millions à l’entreprise d’augmenter les travailleurs de 5 %, par exemple, soit l’augmentation réclamée par les syndicats du secteur dans les pays limitrophes. « Un tel montant permettrait à l’entreprise d’encore largement arroser ses actionnaires », pointe Raoul Hedebouw.

Les salaires ne sont pas le problème mais une partie de la solution

Pour le PTB, augmenter les salaires doit aussi faire partie d’une stratégie de relance de l’économie : « Les salaires ne sont pas le problème dans la crise. Ils sont une partie de la solution, comme l’ont répété les organisations syndicales en Belgique, mais aussi aux Pays-Bas ou en Allemagne. L’économie a besoin de retrouver de la demande et de l’investissement. Les augmentations salariales peuvent jouer un rôle dans cette dynamique. »

Pour le parti de gauche, le gouvernement doit prendre des mesures d’urgence pour retrouver de la liberté dans la négociation salariale. « Nous proposons en particulier que le gouvernement fasse en sorte qu’aucune norme maximale ne puisse être imposée pour la période 2021-2022. Il faut au contraire assurer un minimum d’augmentation à tous et permettre aux secteurs qui s’en sortent bien dans la crise de pouvoir négocier des augmentations supérieures à ce minimum. »

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