La centrale de Doel. (Photo Wikimedia Commons)

Malgré ses promesses antérieures, le gouvernement fédéral annonce aujourd’hui qu'il paiera à l'avenir pour les déchets nucléaires et les risques liés au maintien en activité des centrales nucléaires de Doel 4 et de Tihange 3. « Les lignes rouges que le gouvernement avait fixées précédemment sont maintenant clairement franchies. Les coûts de la prolongation sont répercutés sur la classe travailleuse. Avec cet accord, le gouvernement se met à plat ventre devant Engie-Electrabel », dénonce Sofie Merckx, cheffe de groupe PTB à la Chambre. Le PTB s'oppose à un accord dans lequel les bénéfices sont privatisés et les risques sont supportés par la collectivité.

Le gouvernement a décidé en mars d'entamer des négociations avec Engie-Electrabel pour maintenir les centrales nucléaires de Doel 4 et Tihange 3 ouvertes plus longtemps. Il avait à l’époque fixé deux lignes rouges : le gouvernement ne deviendrait pas l’exploitant des centrales et ne paierait pas pour les déchets nucléaires. « Or, dans cet accord avec Engie, le gouvernement rompt clairement ces deux promesses, pointe Sofie Merckx. Tout d'abord, le gouvernement met en place, en collaboration avec Engie, une nouvelle société. Se cacher derrière le prétexte que le gouvernement n’est donc pas l’exploitant direct, c’est vraiment du bla-bla politicien. Il a été démontré à maintes reprises que, dans ces partenariats public-privé, les bénéfices sont pour le secteur privé, les pertes pour la société. »

« Deuxièmement, le gouvernement écrit que "le coût des déchets nucléaires est à la charge de l'exploitant", mais, en même temps, il admet qu'au-delà d'un certain montant maximum prédéterminé, il paiera tous les coûts supplémentaires. Les experts affirment que ces coûts sont aujourd'hui sous-estimés. Cette déclaration d'intention fera donc peser à l'avenir la facture sur le contribuable. »

Selon le PTB, la communication d'Engie, qui ne parle que d’une « déclaration d'intention non contraignante », montre que l'entreprise veut obtenir encore plus. Sofie Merckx : « La multinationale en veut toujours plus. La ministre Vanderstraeten a déjà fait un virage à 180 degrés et brisé toutes ses promesses et principes. »

« La déclaration est également totalement silencieuse sur les surprofits qu'Engie-Electrabel réalise aujourd'hui avec les centrales nucléaires. C'est étrange, car cela devait être sur la table des négociations », poursuit la cheffe du groupe PTB. Le parti de gauche demande depuis le début de la crise énergétique que les surprofits des multinationales de l’énergie soient taxés pour soulager les factures des ménages. « Tant que cette taxe ne sera pas introduite, Engie continuera à empocher tous ses surprofits. Avec cet accord de principe, on dirait bien qu'ils vont pouvoir continuer à le faire sans aucune limite. »