COP 26 : Le PTB présente une alternative sociale et juste à la proposition frileuse de la Vivaldi sur le climat

.

Cet après-midi, la Chambre discute de la position que notre pays adoptera lors de la conférence sur le climat COP26. Le PTB estime que le texte de consensus présenté, qui est le résultat de semaines de discussions au sein du Dialogue interparlementaire sur le climat, est totalement inadéquat. Le parti de gauche fait une proposition alternative.

Selon le parti de gauche, la proposition est trop faible sur deux points fondamentaux. « Le texte témoigne d'une confiance aveugle dans le marché pour faire face à la crise climatique et n'offre aucune solution au morcellement institutionnel », regrette Thierry Warmoes, député PTB. Il défend un texte alternatif qui prévoit des investissements publics ambitieux, des normes d'émissions contraignantes pour les grandes entreprises et une re-fédéralisation de la politique en matière de climat. Enfin, le PTB veut des garanties absolues de la part du gouvernement qu'il n'y aura pas de taxe carbone antisociale qui ferait payer la facture de la transition écologique aux travailleurs.

Le PTB constate que les partis traditionnels s'accrochent à l'illusion que le problème climatique peut être résolu dans le carcan du marché. Thierry Warmoes: « Ils continuent à chercher des échappatoires dans le cadre de ce système de marché défaillant. Ils ne jurent que par les mêmes recettes libérales systématiquement inefficaces et, surtout, la facture finit toujours par être envoyée au citoyen. Par exemple, ils veulent maintenant mettre en place un marché international du carbone dans lequel les pays peuvent échanger des quotas d'émission, comme s'ils avaient oublié la débâcle du système européen ETS. Pire, l'idée serait maintenant de la reproduire à l'échelle mondiale. Or, ce système d'échange de droits d'émission est un échec majeur : les émissions de l'industrie européenne stagnent depuis dix ans. Il est par ailleurs très injuste sur le plan social, car les entreprises se contentent de répercuter le coût de leurs droits d'émission directement sur leurs clients ».

Le député de gauche estime donc que nous n’avons certainement pas besoin de plus de marché. « Il suffit de regarder la libéralisation du marché de l'énergie. Nous nous souvenons tous des belles promesses, mais aujourd'hui nous faisons tous l'expérience de l'échec absolu de cette décision, et ce sont les ménages qui paient la facture, littéralement. Et tandis que les gens paient l'énergie au prix fort, la transition nécessaire vers une énergie verte et abordable est au point mort ».

Le PTB appelle à une approche publique. « Notre proposition est de partir d'une planification écologique rigoureuse, afin de pouvoir procéder à des investissements publics ambitieux ciblés, notamment dans les énergies renouvelables, le stockage et les infrastructures. Nous voulons créer une banque publique d'investissement pour le climat. En outre, nous voulons imposer des normes contraignantes aux grandes entreprises polluantes afin qu'elles soient tenues de réaliser les investissements nécessaires pour réduire leurs émissions assez rapidement », ajoute Thierry Warmoes.

Le PTB regrette également que la complexité institutionnelle ne soit pas abordée, « alors qu’elle constitue un obstacle à une politique ambitieuse. Le climat est une compétence partagée dans notre pays, fragmentée entre le niveau fédéral et les régions, qui sont sur le même pied. Aucun niveau ne peut établir un cadre général sans l'accord des autres niveaux. Résultat : n'importe quel niveau politique peut bloquer la politique climatique belge, ce qui, en pratique, se produit très souvent. La crise climatique est cependant trop importante pour être laissée au fédéralisme de concurrence que l'on connaît en Belgique. C'est pour cela que nous pensons qu'il est absolument nécessaire que la compétence de définir la politique climatique de notre pays revienne totalement au niveau fédéral. »

Le parti de gauche a déposé sa propre proposition, débattue aujourd’hui au Parlement fédéral. « Dans notre résolution alternative, nous présentons un choix clair : la Belgique va-t-elle rester désespérément à la traîne en matière de politique climatique, ou allons-nous saisir l'occasion de la COP 26 pour changer enfin de cap ? Le PTB opte pour la seconde solution. »

Le député PTB Thierry Warmoes conclut en insistant sur l'urgence d'une alternative ambitieuse : « Le texte consensuel des différentes majorités de ce pays témoigne d'un manque total d'ambition. Bien que la résolution appelle à une politique fondée sur la science, elle formule des ambitions sur la base de ce qui est politiquement possible et non de ce que la science nous dit être nécessaire. C'est tout bonnement irresponsable. Après cet été marqué par des phénomènes météorologiques extrêmes en Europe, personne ne peut nier que la crise climatique est d'ores et déjà à l'œuvre. Nous devons donc faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que le climat ne s'emballe pas complètement et que le réchauffement de la planète reste inférieur à 1,5°C. Je ne pouvais dès lors pas me contenter de déplorer la frilosité des ambitions climatiques de la Vivaldi et de la N-VA. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas hésité un seul instant à déposer une proposition alternative. »