Commission passé colonial : le PTB pointe la responsabilité des grandes familles qui se sont enrichies grâce à l’entreprise coloniale

Marco Van Hees. (Photo Stefaan Van Parys)

« Ce n’est pas tout le peuple belge qui est responsable de la colonisation et qui doit payer des réparations. C’est un petit groupe de grands capitalistes qui s’est enrichi grâce à l’entreprise coloniale. Les mêmes qui exploitaient les travailleurs ici en Belgique. C’est à eux de rendre des comptes aujourd’hui », déclare Marco Van Hees, député PTB.

La commission chargée d’étudier le passé colonial de la Belgique au Congo, Rwanda et Burundi est entrée dans la phase des conclusions. « Certains partis sont prêts à minimiser les crimes du colonialisme, dénonce Marco Van Hees. La droite et l’extrême droite, eux, essayent d’instrumentaliser les débat et d’opposer le peuple belge aux peuples du Congo, du Rwanda et Burundi pour mieux protéger les vrais responsables du crime colonial. Nous ne l’acceptons pas. »

Sous la colonisation, le travail forcé, les salaires de misères ainsi que les très grandes surfaces de terres congolaises ont profité aux grandes entreprises comme la Société générale de Belgique, le Groupe Empain, le Groupe Brufina et la Cominière. A elles seules, ces 4 sociétés contrôlaient jusqu’à 85 % de l’économie coloniale. Ce sont ces mêmes capitalistes qui exploitaient nos grands-parents ou arrière-grands-parents à l’époque. Les mêmes qui ont fait tirer sur les ouvriers qui se révoltaient à Roux dans le Hainaut en 1886.

Aujourd'hui, les nombreuses fusions et changements de nom font qu'il est difficile de savoir où se trouve exactement l'argent du pillage colonial. « Des recherches sont nécessaires, qui devraient se concentrer sur les riches familles belges dont le capital remonte à cette période. Neuf des familles actuellement les plus riches de Belgique étaient actives au Congo : Solvay, Emsens, Boël, Janssen, Bekaert, Lippens, Vandemoortele, Van Thillo, Bertrand, Dieryck et van Baaren. Il y a également la famille royale, dont le gros de la fortune est basée sur l’exploitation coloniale. C’est à ces familles et ces grandes entreprises qu’incombe la responsabilité de la colonisation. C’est à eux de réparer l’injustice qu’ils ont causée », conclut Marco Van Hees.