Commission Covid : le PTB appelle Maggie De Block à enfin reconnaître ses erreurs dans la lutte contre la pandémie

Le 28 janvier 2020, Sofie Merckx a été la première à demander à la Chambre s'il y avait suffisamment de masques. (Photo Belga)

Aujourd'hui, vendredi 23 avril, Sofie Merckx, députée PTB, met une nouvelle fois l'ex-ministre de la Santé publique, Maggie De Block, face à ses responsabilités devant le Parlement fédéral. L'actuelle cheffe de groupe de l'Open-VLD estime ne rien avoir à se reprocher concernant la stratégie adoptée pour gérer la crise du coronavirus. « Ce n’est pas l’avis de la population », réagit Sofie Merckx.

« Nous avons invité les citoyennes et citoyens à nous envoyer leurs questions pour l'ex-ministre, explique la députée de gauche. Nous en avons reçu énormément. La population est toujours très en colère. Maggie De Block incarne une politique qui non seulement a abandonné les gens à leur sort, mais qui, en plus, n'a fait preuve d'aucun respect pour les héroïnes et héros du personnel soignant. Pendant des années, Maggie De Block a systématiquement fait passer la réduction des coûts avant la santé. Les gens ne l'ont pas oublié. »

« Le parcours de Maggie De Block est une succession d'erreurs et de gaffes », estime Sofie Merckx. Lorsque la pandémie a éclaté dans notre pays, la ministre de la Santé de l'époque s'est montrée confiante malgré les nombreux signaux d'alarme. « Le 2 mars 2020, Maggie De Block soutenait que notre pays était totalement “prêt pour faire face au virus”, poursuit la députée PTB. Toutefois, plus de 40 auditions ont clairement démontré le contraire. Le plan de pandémie auquel la ministre De Block faisait alors référence s'est révélé totalement obsolète et inapplicable. La chronologie des événements reconstituée par la commission Covid ne laisse aucun doute sur le fait que Maggie De Block a tout simplement ignoré les signaux d'alarme et les avis scientifiques qui se succédaient. L'urgence de la situation n’a pas du tout été prise en compte. Au contraire, Maggie De Block a traité les experts qui prenaient les signaux d’alerte au sérieux de “drama queens”. Le gouvernement, tout aussi désinvolte, n'a tiré aucune leçon de la première vague. Plusieurs experts ont souligné, lors des auditions, que cette attitude était à l'origine de l'apparition de la deuxième vague. »

Sofie Merckx a été la première à demander, le 28 janvier 2020, devant le Parlement, si nous disposions d'un stock suffisant de masques. « Maggie De Block a réussi à éluder ma question, rappelle-t-elle. Nous savons aujourd'hui qu'elle a fait détruire le stock stratégique de 22 millions de masques en 2018, et qu'elle a par ailleurs menti sur les raisons qui l'ont poussée à le faire. La ministre a déclaré que les masques étaient périmés, mais les enquêtes montrent qu’ils étaient parfaitement utilisables lors de la première vague. Elle a fait ce choix pour des raisons d'ordre purement économique. Et ce sont les mêmes motivations qui ont poussé Maggie De Block à ne pas renouveler les stocks. »

Et la députée de gauche de poursuivre : « En 2019, Paul Pardon, expert-conseiller aux Urgences de Santé publique, a envoyé quatre notes au cabinet de la ministre, dans lesquels il insistait sur l'importance de renouveler les stocks. En vain. Le 17 janvier 2020, après les premiers signaux d'alarme en provenance de Wuhan, Pardon envoyait, à minuit, un dernier mail suppliant la ministre d'acheter au plus vite du matériel de protection. Le 23 janvier, le cabinet lui répondait que dépenser 6 millions d'euros pour de nouveaux masques était “irresponsable”. »

Le PTB évoque par ailleurs la colère de la population par rapport aux coupes budgétaires opérées dans le secteur des soins et au manque de respect vis-à-vis du personnel soignant. « Maggie De Block a privé les soins de santé de plus de 900 millions d'euros. Les services de santé publique ont également été fortement réduits ; le service d’Urgences de Santé publique n'employait qu'une seule personne au moment où la crise a éclaté. Ces économies, nous en payons encore aujourd'hui le prix fort. »

La colère du personnel soignant a atteint à son apogée lorsque Maggie De Block a signé deux arrêtés royaux visant à réquisitionner du personnel. Face à un mouvement de protestation massif, elle n'a eu d'autre choix que de revenir sur sa décision. « Pour beaucoup de gens, Maggie De Block est le symbole d’une politique qui fait passer les intérêts économiques avant la santé, conclut Sofie Merckx. Des experts ont confirmé lors des auditions que la ministre avait brillé par son absence à plusieurs réunions, où elle aurait pourtant pu défendre la santé publique. Aujourd'hui, Maggie De Block doit prendre ses responsabilités par rapport aux erreurs qu'elle a commises. »

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