Photo Solidaire, Salim Hellalet.

Le 5 décembre, le PTB élira lors de la session de clôture de son congrès statutaire un nouveau ou une nouvelle présidente. Peter Mertens ne se représente pas comme candidat et passera le flambeau. Il a été président durant treize ans. Mais comment fonctionne un tel congrès, et comment se passe une telle élection à la présidence ?

Sous la direction de Peter Mertens, le parti de la « gauche décomplexée » est passé de 80 sections et 800 membres à 400 sections et 24 000 membres. Les sections sont incarnées par des groupes de base qui sont la force motrice du PTB. Ceux-ci se réunissent mensuellement et constituent le lieu où l’on débat et discute, où l’on fait preuve de créativité pour organiser des actions en tout genre. « Nous sommes un parti de la base, explique Peter Mertens. Nous sommes bien plus qu'une poignée d'élus. Nous ne disons pas aux gens que nous allons résoudre les problèmes à leur place. Nous ne voulons pas de clientélisme façon PS. Notre idéal, c'est : réveillez-vous, levez-vous et battez-vous pour vos droits. » Dans les groupes de base, on assiste à un bouillonnement d'idées et d'opinions, qui sortent du cœur des quartiers populaires et des entreprises. C'est justement la grande participation active des membres de groupe qui a permis au parti de grandir comme il l’a fait.

Les 400 groupes de base du parti, dans les quartiers et les entreprises, élisent les délégués au congrès, l’organe de décision le plus important du parti, qui se tient tous les cinq ans. Ces délégués, au nombre de 883 cette année, fixent les grandes lignes pour l'avenir du parti. C’est un processus de débats, d’amendements de textes initialement proposés et d’unification qui prend du temps. Ce sont des mois d’intenses et riches discussions. La session de clôture du congrès sera ainsi l’aboutissement de neuf mois de débats et réunions préparatoires.

Les 883 délégués ont discuté des projets de textes dans 83 commissions à travers tout le pays. Au total, 1 368 pages de suggestions, critiques et amendements ont été reçues. Différents groupes de travail du Bureau du Congrès ont examiné en détail tous ces amendements, ce qui a permis de présenter des textes beaucoup plus riches, qui à ont été soumis au vote. C'est précisément pour préserver la sérénité des débats, pour permettre à chacun et chacune de participer activement, pour aborder sérieusement les désaccords de fond avec des points de vue différents, que ces débats se déroulent au sein du congrès, et pas avec des grandes exclamations ou des punchlines sur les médias sociaux ou dans la presse.

Ce riche processus a permis de déterminer le fond, le cap pour les années à venir. Cette tâche n'est pas confiée à un cabinet ou à un service d'étude, elle est décidée par les délégués eux-mêmes. Sur cette base, la direction du parti est élue, qui devra piloter le parti afin qu’il suive la direction déterminée collectivement. Tous les délégués ont pu se présenter aux élections du nouveau Conseil national et, à l'issue des débats, 883 délégués ont finalement élu un nouveau Conseil national composé de 50 membres. Le Conseil national est le plus haut organe de direction collective, le parlement du parti pour ainsi dire. Quatre conseillers sur dix sont nouveaux, et il y a plus de jeunes, d’ouvriers et d’ouvrières que jamais parmi ces élus. Ainsi, le travail de renouvellement et de rotation se poursuit sans cesse, mais toujours dans le but de suivre la voie tracée ensemble. On élit d'abord le collectif, et seulement ensuite le président.

« Le collectif est notre point fort, insiste Peter Mertens. Chez nous, on n'élit pas un président qui compose ensuite sa propre équipe. Chez nous, on élit d'abord une direction collective, et au sein de ce collectif, un président ou une présidente est ensuite élu. C'est un très bon système, qui rend le parti solide et renforce l’unité. »

Les candidatures à la présidence peuvent être soumises jusqu'au 23 novembre. Toute personne qui se présente à la présidence doit d'abord se faire élire au Conseil national. C’est logique : elle fait partie de l'équipe collective de la direction ; elle n'est pas seule, extérieure à cette équipe. Nous ne disposons pas d'un système de « cohabitation », dans lequel un président fait face à un parlement ou à une direction élue. Il peut y avoir une ou plusieurs candidatures à la présidence. C’est ensuite aux 883 délégués d’élire le futur président ou la future présidente lors de la session de clôture du congrès, le 5 décembre à Bruxelles.

Chez nous, il n'y a ni concours de popularité ni guerre d’égos comme aux États-Unis, une bataille de clans et des promesses électorales qui sont ensuite brisées. Au sein du PTB, la présidence ne tourne pas autour d’un individu, qui aurait d'autres projets que la direction collective. Ce n’est pas la lutte des égos qui compte, mais le projet collectif. Et la présidence traduit ce projet collectif sous la direction du Conseil National.

Vous trouverez ici des témoignages de participants au précédent congrès, le Congrès de la Solidarité, en 2015.

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