Photo Solidaire, Stefaan Van Parys

Depuis le 12 février, la production d’autobus et de camions est à l’arrêt à l’entreprise Van Hool, à Lierre. Si la très riche famille propriétaire de l’usine continue d’engranger de gros bénéfices, les travailleurs ont vu leur pouvoir d’achat diminuer. Quand un département a arraché une augmentation d’un euro l’heure, c’est donc l’ensemble de l’usine qui s’est mise à l’arrêt afin d’étendre la mesure à tous les autres secteurs.

Le constructeur d’autobus Van Hool a le vent en poupe : il engrange des millions d’euros de bénéfices, il peut compter sur d’importantes commandes internationales et fait construire de nouvelles usines en Macédoine et aux États-Unis. La riche famille Van Hool traverse une période dorée. En revanche, les véritables constructeurs d’autobus, les 3 500 ouvriers et employés, ne sont pas récompensés. Ils ont même vu leur pouvoir d’achat diminuer ces dernières années. Leur salaire réel a diminué, en raison, notamment, du blocage salarial, du saut d’index et de l’augmentation des taxes sur le carburant. Un département de l’entreprise a néanmoins réussi à arracher une augmentation salariale d’un euro de l’heure. C’était le signal pour lancer une action ferme avec la même revendication dans toute l’entreprise.

Augmentation d’un euro de l’heure

Ces derniers mois, le département Services de Van Hool avait fait comprendre à la direction, par des interruptions de travail, que la coupe était pleine. Les travailleurs ont revendiqué une augmentation salariale et ont réussi à l’obtenir. La direction a promis une augmentation immédiate d’un euro de l’heure et la même augmentation à répartir sur les deux prochaines années.

Les autres travailleurs ont considéré cette mesure comme un signal. Ils ont, eux aussi, exigé une augmentation salariale d’un euro. Les uns après les autres, les départements se sont mis en grève pour appuyer leur revendication. Les travailleurs sont sortis collectivement de l’usine.

« Je gagne 15,2 euros de l’heure et je n’arrive pas à joindre les deux bouts, explique un travailleur de Van Hool. Mon loyer augmente, le plein de diesel pour mes déplacements quotidiens augmente… et en plus je dois prendre des médicaments pour mes maux de dos, parce que le boulot à Van Hool est vraiment pénible. Et au final on n’est pas même récompensés de ces efforts. La direction ne nous respecte pas. »

Cette revendication est d’autant plus compréhensible que le salaire horaire chez Van Hool n’est pas particulièrement haut pour une grande usine de ce secteur. Chez Audi, par exemple, un travailleur gagne plus de 18 euros de l’heure.

Les victoires de 2018 inspirent les luttes de 2019.

L’année dernière a été riche en mouvement qui ont permis d’engranger des victoires : Lidl, Aviapartner, Ryanair, Ivago… Les ingrédients de leur réussite ? Avoir l’audace de dire « Nous en avons assez ! », former un front uni entre les différents services des entreprises, les syndicats et les travailleurs, mettre sur pied un plan d’action soutenu avec un impact sur l’économie et développer la solidarité d’autres entreprises et de l’opinion publique… La lutte de Van Hool rassemble beaucoup de ces caractéristiques. Ils ont décidé de continuer la lutte en faisant des grèves tournantes par département. Avec pour objectif de perturber au maximum la production sans pénaliser trop les travailleurs.

Un mouvement qui continue et qui pourrait faire tâche d’huile

Ce mouvement dans l’usine de construction de bus qui s’est lancé la veille de la grève générale du 13 février dernier pour le pouvoir d’achat et qui continue aujourd’hui pourrait inspirer d’autres travailleurs et d’autres entreprises. En particulier en plein mouvement interprofessionnel pour le pouvoir d’achat et au moment où les profits n’ont jamais été aussi élevé – ils ont encore doublé l’année dernière.

Le PTB solidaire

Le PTB est bien entendu solidaire des travailleurs en lutte. Le 13 février dernier, lors de la grève générale pour le pouvoir d’achat, Peter Mertens, président du PTB, est passé au piquet soutenir les travailleurs de Van Hool : « Pouvoir d’achat, charge de travail, régression du régime de fin de carrière : ces trois points mettent les travailleurs en colère, tous secteurs confondus. Le gouvernement et les patrons n’ont pas le moindre respect pour les gens qui font fonctionner le pays. Il faut un vrai changement. »


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  • Geert Haverbeke
    a publié cette page dans Actualités 2019-02-18 11:39:38 +0100

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