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Une pilule difficile à avaler pour les héroïnes et héros des soins de santé : à la veille du début des vaccinations dans les hôpitaux, les autorités flamandes ont annoncé un report. En cause : le cynisme de la multinationale pharmaceutique Pfizer, et la politique de laisser-faire du Gouvernement vis-à-vis de Big Pharma.

Pfizer a décidé de livrer moins de flacons que prévu. Sofie Merckx, médecin généraliste et députée PTB : « On a découvert qu’on pouvait tirer six doses à partir d’un flacon, et pas cinq, comme initialement prévu. Cela pourrait nous permettre d’accélérer la vaccination, mais aussi incroyable que cela puisse paraître, Pfizer en a décidé autrement. La multinationale veut plutôt en profiter pour augmenter ses bénéfices de 20 %. » Le contrat est en effet basé sur le nombre de doses, et non sur le nombre de flacons, ce qui fait dire à l’entreprise qu’elle doit livrer moins de flacons que prévu.

Ces dernières semaines, le gouvernement a dû faire marche arrière plusieurs fois dans sa série de bonnes nouvelles sur la campagne de vaccination accélérée. « À trois reprises, Pfizer a mis un frein à la mise en œuvre de ce projet, en annonçant par voie de presse que l’entreprise ne pouvait pas garantir les livraisons à venir, explique Sofie Merckx. Et maintenant, le géant pharmaceutique a décidé de fournir moins de flacons. Parce que notre pays tire six doses d'un seul flacon au lieu des cinq prévues. Cette attitude de Pfizer est tout simplement inacceptable. Pfizer doit fournir à notre pays les flacons initialement prévus, au lieu de tirer profit de la crise, sur le compte de la santé publique. »

La députée PTB critique également l'attitude passive du gouvernement : « Du côté de la taskforce vaccination du gouvernement, on répond laconiquement que la balle est dans le camp de Pfizer et que nous ne devons pas être surpris par les pratiques mercantiles d'une société commerciale. C'est là que se situe le problème fondamental : notre gouvernement fait aveuglément confiance à Big Pharma et est ainsi le jouet d'une poignée de multinationales, qui veulent tirer le maximum de profit de cette pandémie. »

« Même pas une semaine après que le ministre Vandenbroucke a déclaré que le royaume de la liberté était en vue, cette nouvelle est un coup de massue pour les héros et héroïnes des soins de santé, conclut Sofie Merckx. Les acteurs de terrain sont extrêmement déçus par ce report de la vaccination dans les hôpitaux. Ils se sentent à nouveau abandonnés à leur sort. Il est grand temps que le gouvernement prenne le contrôle et exerce une pression politique sur Pfizer. »

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