Photo Belga, Photo Solidair

Saut d'index, flexi-jobs, loi salariale... le gouvernement Michel-De Wever a beaucoup fait pour couper dans nos salaires. Une technique payante pour les actionnaires, puisque, en quatre ans, 9 milliards d'euros ont été transférés des salaires vers les profits des entreprises. « Les richesses doivent revenir à celles et ceux qui les ont produites, réagit Raoul Hedebouw. Il est temps d'augmenter les salaires. »

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« Il est temps que la politique salariale de ces dix dernières années change radicalement de cap, déclare Raoul Hedebouw, député fédéral PTB. Blocage salarial, saut d'index, développement de jobs précaire, suppression des barèmes liés à l'ancienneté… Ce n'est plus tenable pour les gens. » Raoul Hedebouw réagit ainsi à une étude du PTB qui révèle que, ces trois dernières années, nos salaires ont perdu au moins 9 milliards d'euros au bénéfice des profits des entreprises. C'est ce que montre l'analyse de l'évolution de la répartition du Revenu national brut (RNB) au cours de ces dernières années.

Les entreprises gagnent à nouveau

Le Revenu national brut (RNB) montre ce que rapporte l'activité économique dans notre pays. L'analyse de celui-ci permet également d'observer comment cette richesse est répartie : d'une part, combien va vers aux salariés et indépendants, et d'autre part, combien va aux marges de bénéfice des entreprises.

Entre 2014 et 2017, la part des salaires a reculé de 2 %. Cela signifie qu'en 2017, les salaires ont perdu plus de 9 milliards d'euros par rapport à 2014. En comptant qu’il y a 3,9 millions de travailleurs salariés dans notre pays, la perte mensuelle par travailleur salarié est de 191 euros. Dans aucun de nos pays voisins, les salaires n'ont connu une baisse aussi forte. Les salaires ne constituent même plus la moitié du RNB. À l'inverse, la part des profits des entreprises a augmenté de 2,7 %. Cela veut dire que les entreprises ont engrangé annuellement 12 milliards d'euros de profit supplémentaire.

Il s'agit là d'un record historique. Jamais, depuis au moins 32 ans, les profits n'avaient représenté une part aussi importante du Revenu national brut.

Ce sont donc à nouveau les entreprises qui sont les grands gagnants. Et cela n'est pas près de changer. La Commission européenne prévoit en effet qu'en 2018 et en 2019, la balance penchera encore davantage en faveur des profits.

Socialement injuste

« Avec l'actuelle loi salariale, la liberté tant vantée par les partis libéraux s’arrête aux négociations des salaires », constate Raoul Hedebouw. Le PTB veut donc que la loi de modération salariale permanente – connue sous le nom de loi de 1996 – soit abrogée. « Les travailleurs doivent retrouver une pleine liberté de négocier des augmentations collectives de salaire. »

Le PTB réclame aussi que le salaire minimum soit augmenté à 14 euros de l'heure. « Cela répondrait aux nombreux témoignages que nous recevons de travailleurs et travailleuses qui n'arrivent plus à nouer les deux bouts ou à épargner un minimum. Et cela permettrait aussi de tirer toute la chaîne salariale vers le haut. »

La politique salariale actuelle est socialement injuste. Les travailleurs produisent davantage mais ne sont pas pour autant payés plus. Au contraire, le gouvernement leur impose plus de restrictions. En maintenant les salaires à un bas niveau, on prive les gens d'une part importante de leur pouvoir d'achat. « Il faut un mouvement de rattrapage, conclut Raoul Hedebouw. Les travailleurs ont droit à leur part de la richesse qu'ils en produite. »


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