Le ministre Ecolo Georges Gilkinet. (Photo Belga)

Le gouvernement prétend investir comme jamais dans le rail. Mais les grandes annonces cachent mal la misère que subissent les usagers et les cheminots… et qui ne semble pas devoir s’améliorer.

Fermeture de lignes, ralentissements des trains sur certains tronçons : avant le conclave budgétaire, Infrabel, l’entreprise qui gère le réseau de chemins de fer, avait alerté le gouvernement et tous les partis politiques des conséquences dramatiques qu’auraient un manque de moyens pour les usagers. Résultat après l’accord budgétaire ? Rien de bien rassurant.

Maria Vindevoghel, députée PTB : « Les cheminots viennent de recevoir une communication du CEO d’Infrabel selon laquelle l’entreprise va devoir continuer à se serrer la ceinture. » En cause, un budget de fonctionnement en constante diminution. Le gouvernement n’allait-il pourtant pas investir dans le rail ?

Pour bien comprendre, il convient de faire la distinction entre le budget de fonctionnement et le budget d’investissements. Le budget de fonctionnement est ce qui permet à l’entreprise de tourner, de fonctionner au quotidien. Les investissements concernent les nouveaux projets, achats, etc.

Or, selon Infrabel, il manque 98,5 millions d’euros au budget de fonctionnement en 2022 pour « simplement » maintenir le réseau ferroviaire en bon état de fonctionnement. Et il manque 700 équivalents temps plein pour remplir cette mission. Et le gouvernement a décidé d’imposer encore 94 millions d’euros de coupes à Infrabel d’ici à 2024, prolongeant ainsi une austérité désastreuse entamée par le gouvernement Michel. Pensez-y la prochaine fois que votre train sera supprimé ou en retard pour cause de « problème technique »…

« Comment garantir la sécurité et la ponctualité des trains avec un tel manque de moyens ? demande Maria Vindevoghel. C’est une nouvelle fois les usagers et les cheminots qui en feront les frais. »

Le gouvernement Vivaldi a tenté de masquer cette austérité à travers les grandes annonces du ministre de la Mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo). 250 millions supplémentaires sont prévus d’ici à 2024… dans les investissements. Cela ne va donc absolument pas résoudre le manque de moyens existant pour faire fonctionner correctement le rail aujourd’hui. On est d’ailleurs loin des 3 milliards d’euros d’ici à 2026 qu’Infrabel estime nécessaires pour réaliser un vrai transfert modal.

Cela dit, ce n’est pas un hasard. Car, en réalité, ces investissements ne sont pas là pour améliorer la mobilité des gens, mais bien pour servir les intérêts de grandes entreprises. Trois quarts de ces investissements vont ainsi au fret ferroviaire, ce qui était une demande explicite de la FEB et des compagnies privées de transport de marchandises par train.

Pour une politique de mobilité ambitieuse et avantageuse pour les voyageurs autant que respectueuse des cheminots, il faudra donc repasser.