Le 8 janvier, après cinq jours de travail, un CEO a déjà empoché autant qu'un travailleur pendant une année entière

.

Chaque année, le PTB calcule le jour où, en moyenne, un CEO d'une entreprise du Bel 20 a gagné autant qu'un travailleur moyen en une année entière. En 2021, cela tombe le 8 janvier, soit un jour plus tôt que l'année dernière. En cinq jours de travail seulement, un CEO empoche ce qu'un travailleur met une année entière à gagner par son travail.

Le service d'études du PTB s’est basé sur les chiffres de la Vlerick Business School concernant les salaires des CEO. Le salaire médian d'un CEO d'une entreprise du Bel 20 est aujourd'hui de 2 384 622 euros. C'est plus de 51 fois le salaire annuel moyen d’un travailleur. Entre 2018 et 2019, la rémunération totale des dirigeants a augmenté de pas moins de 15,5 %. Cette hausse contraste très fortement avec la réalité des salariés. Pour eux, les augmentations de salaire sont pratiquement interdites. Ils n'ont eu droit qu'à une indexation et à éventuellement une petite augmentation dans les limites de la marge salariale légalement autorisée (1,1 %).

« Les héros du corona sont au bas de l'échelle salariale, alors qu'ils font tourner la société. Ils ne peuvent pas être oubliés. Ils ont droit à une sérieuse augmentation de salaire. »

« Dans notre pays, il y a clairement deux poids deux mesures, réagit Peter Mertens, le président du PTB. Les revenus des CEO peuvent crever le plafond, mais il existe des limites strictes pour les salaires ordinaires. Le fait d’obtenir quelques centimes de plus par heure est parfois même punissable. Pendant ce temps, les dirigeants d’entreprises trinquent joyeusement à la santé du Premier ministre. »

« Les partenaires sociaux vont bientôt négocier la marge d'augmentation des salaires, poursuit Peter Mertens. Pieter Timmermans, président de la FEB, estime qu'il n'y a "pratiquement pas de marge" et qualifie les revendications salariales d'"irresponsables". Il ne dit pas un mot sur les bonus exorbitants et sur les paquets d'actions pour les CEO. Mais les salaires ne sont pas le problème, M. Timmermans. Ils sont justement la solution. Les ménages sont l'un des moteurs de l'économie. Si les salaires restent bloqués, les gens dépensent moins. Ce sont justement les augmentations de salaire qui donnent de l'oxygène à l'économie. » 

Les héros du corona méritent d'être augmentés

Un débat sur cette tension salariale croissante doit plus que jamais être à l’ordre du jour. « Les héros de la lutte contre le corona sont au bas de l'échelle salariale. Et cela, tout en faisant en sorte que la société continue à fonctionner, souligne Peter Mertens. Ils ne peuvent pas être oubliés. Ils ont droit à une sérieuse augmentation de salaire. Prenons un exemple dans le secteur de la santé. Les travailleurs de la santé ont obtenu une augmentation salariale et plus d'un milliard de fonds structurels. C’est hautement mérité. La classe des travailleurs dans son ensemble mérite une augmentation. Nous demandons la suppression de la loi de 1996 sur le blocage des salaires qui impose une marge maximale pour les augmentations salariales, et nous voulons que le salaire minimum soit porté à 14 euros par heure. Les partis sociaux-démocrates l'ont promis avant les élections. Est-ce que cela se révélera aussi être une promesse vide ? » 

Chiffres :

Salaire médian en Belgique : 3 361 euros brut par mois (source : Statbel). Par an, le montant brut est de 46 785 euros (multiplié par 13,92).

Salaire médian d'un PDG d'une société du Bel 20 : 2 384 622 euros (source : Vlerick Business School, Executive Remuneration Research Centre).

Suivez le PTB