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Le PTB demande que le gouvernement fédéral et les entreprises ferroviaires tirent les leçons de Buizingen. Le jugement est accablant pour la SNCB et Infrabel. « Il est irresponsable de leur part de vouloir maintenant instaurer des shifts de 12h dans les cabines de signalisation », réagit Maria Vindevoghel, députée fédérale du PTB.

Le procès de la plus grande catastrophe ferroviaire belge de ce siècle a rendu son verdict : SNCB et Infrabel sont jugés coresponsables de l’accident.

« Le défaut de prévoyance des sociétés ferroviaires est clairement mis en cause », a réagi Maria Vindevoghel. « Ce sont elles qui ont commis les fautes les plus graves. »

Le jugement est un avertissement aux entreprises ferroviaires : « Les hausses de productivité ont fragilisé la sécurité sur le rail. Mais certains projets à venir sont encore plus inquiétants. Infrabel veut par exemple faire travailler les agents 12 heures de suite dans les cabines de signalisation (le centre nerveux du réseau ferroviaire). Les risques d’erreurs humaines, et donc pour la sécurité, seront beaucoup plus élevés. Il est logique que les cheminots s'y opposent. Maintenir ces propositions est une gifle pour les victimes de Buizingen. Il faut de nouveau gérer le chemin de fer comme un service public qui a des responsabilités envers ses usagers, la sécurité, la ponctualité, etc. et ne plus suivre la logique actuelle de gérer le rail comme une société qui doit assurer une rentabilité », dénonce Maria Vindevoghel.

Mais le juge pointe aussi une autre responsabilité : la scission en deux entités qui a contribué à l’accident. « Il est prouvé depuis longtemps que la scission en deux entreprises provoque du chaos sur le rail : retards, inefficacité, gaspillage d’argent public, double management… Aujourd’hui, nous avons un jugement qui confirme aussi que la scission menace la sécurité des 240 millions de voyageurs annuels de la SNCB », poursuit la députée. Pour rappel, la scission entre SNCB (qui fait rouler les trains) et Infrabel (qui gère l’infrastructure ferroviaire) n’a été faite que pour préparer l’ouverture à la concurrence et la privatisation de la SNCB.

« Le gouvernement fédéral et les partis traditionnels qui ont participé à cette scission ont échappé au procès. Mais leur responsabilité est clairement engagée. Il est temps pour eux de réparer leur erreur historique. Rendre le rail belge à nouveau sûr et performant, cela passe par la refusion immédiate de la SNCB et Infrabel. C’est une des conclusions à tirer du jugement Buizingen », affirme la députée de gauche, qui déposera une proposition parlementaire en ce sens.

Et de conclure : « Ce jugement doit être un avertissement pour enfin considérer la sécurité sur le rail comme une priorité. “Safety First” ne doit pas seulement être le slogan d’Infrabel pour la télévision, il doit devenir la réalité sur le rail belge. »


Montrer 3 réactions

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  • jean-claude challe
    a commenté 2019-12-05 14:37:09 +0100
    Je trouve dans ce verdict qu’il y a un grand absent et probablement un des premier responsable de cet accident et de bien d’autres, c’est “L’ÉTAT” et comme co-accusés, tous les partis qui ont gouverné ce pays et qui ont une grande responsabilité dans le sous-investissement du rail et dans l’absence d’une véritable politique ferroviaire qui aurait dû lier développement, modernité du réseaux et sécurité. Rejeter la faute uniquement sur la SNCB et Infrabel est un peu facile, c’est comme si on vous reprochait d’être responsable d’un accident de voiture, en omettant de vous donner les moyens de remplacer les freins.
  • Denis Opignon
    a commenté 2019-12-03 13:09:16 +0100
    bonjour où peut on se procurer le jugement pour le lire en entier ?
  • Rédaction en ligne
    a publié cette page dans Actualités 2019-12-03 12:02:29 +0100

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