Avec l’inflation, la pension minimum devrait être à 1 750 euros net en 2024, calcule le service d’études du PTB

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Tout le monde le voit, l’inflation grimpe – 9,65 % selon les derniers chiffres – et le coût de la vie augmente. Si l’on tient compte de l’inflation, une pension minimum de 1 500 euros en 2019 équivaut à 1 750 euros en 2024. C’est ce qu’a calculé le service d’études du PTB.

« Avec l’inflation, les 1 500 euros net de pension minimum en 2024 du gouvernement ne sont pas du tout à la hauteur, dénonce Raoul Hedebouw, président du PTB. Le prix moyen d’une maison de repos s’élève déjà à 1 850 euros par mois. Avec 1 500 euros en 2024, les pensionnés ne s’en sortent tout simplement pas. Plutôt que de se chamailler sur qui aura droit ou pas à la pension minimum, le gouvernement Vivaldi devrait plutôt fixer l’objectif de 1 750 euros net. Cela a un coût, évidemment, mais c’est payable. »

« Le montant de 1 500 euros en 2019 ne tombait pas du ciel, ajoute Kim De Witte, spécialiste Pensions du PTB. Il répondait aux besoins spécifiques des pensionnés en 2019. Le Centre de recherche et d’avis budgétaire lié à la Haute école Thomas More d’Anvers a calculé ça en profondeur. Ils sont partis des denrées et services minimaux auxquels les pensionnés doivent avoir accès pour vivre comme des citoyens à part entière. C’est ainsi qu’ils ont établi le montant de 1 500 euros pour une personne âgée qui avait besoin d'une voiture ou de soins chroniques. »

« Il faut aussi rappeler que peu de salariés et indépendants auront accès au montant total de la pension minimum, poursuit Kim De Witte. Pour cela, il faut comptabiliser une carrière complète de 45 ans. Or peu de travailleurs et indépendants y arrivent. Aucun pays au monde n’exige une carrière aussi longue pour le droit à la pension. En 2019, les femmes qui partaient à la pension comptabilisaient en moyenne 36,6 années de carrière. La pension minimale à laquelle elles ont droit sera de seulement 1 340 euros (1 647 euros brut de pension minimum en 2024 x 3§,6 / 45). C’est totalement inadapté. C’est pour ça que nous revendiquons la possibilité d’avoir une pension complète après 40 ans de carrière. »

Les 1 500 euros net du gouvernement seront en bonne partie atteints en 2024 grâce à l’indexation des pensions. « Il s’agit d'une augmentation réelle limitée. Si on regarde les chiffres, le gouvernement Vivaldi n’investit pas de moyens supplémentaires pour les pensions par rapport au gouvernement Michel », explique Kim De Witte.

En partant des calculs du Bureau du plan pour la pension minimum de 1 500 euros en 2019, nous pouvons estimer que le coût d’une augmentation de la pension minimum à 1 750 euros en 2024 revient à 0,67 % du PIB. « Ce n’est pas rien, conclut Raoul Hedebouw. Mais les subventions salariales aux entreprise distribuées par le gouvernement représentent presque trois fois cette part du PIB. On voit aussi que le gouvernement veut décider maintenant d’investir 5 milliards en plus dans les budgets militaires. Ce n’est donc pas impayable. Mais c’est une question de choix politique. »

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