Le PTB a lancé une campagne en 2019 pour porter la pension minimale à 1 500 euros nets pour une carrière complète. (Photo Solidaire, Geertje Franssen)

Le PTB réagit avec surprise à la déclaration de Karine Lalieux (PS), qui fait l'effet d'une bombe. La ministre des Pensions veut financer une augmentation de la pension minimale pour les salariés et les indépendants via une plus forte fiscalité sur... les pensions complémentaires de ces salariés et indépendants.

« Le cynisme en matière de politique des pensions n'a-t-il donc aucune limite ?, s'interroge Kim De Witte, spécialiste des pensions pour le PTB. Les gens ont des pensions complémentaires parce que la pension légale est justement beaucoup trop basse dans notre pays. »

La ministre Lalieux fait référence à une nouvelle étude de la Cour des comptes pour défendre sa démarche. « Cette étude prouve une fois de plus ce que nous disons depuis des années, poursuit Kim de Witte. Les pensions complémentaires sont très inégales. Elles ne sont pas la solution 'miracle' pour les nombreux salariés et indépendants qui ont une petite pension. Mais malgré les nombreux signaux d'alarme, les socialistes ont instauré les pensions complémentaires. 66 % des travailleurs ont souscrit à une pension complémentaire. Imposer davantage ces acquis maintenant afin d'augmenter la pension minimale ne va pas améliorer les choses, au contraire. »

L'augmentation de la pension minimale est parfaitement finançable avec une taxe des millionnaires. Une telle taxe permettrait de dégager 8 milliards d'euros, dont une partie pourrait être utilisée pour augmenter la pension minimale. « Mais ce gouvernement refuse de faire contribuer les plus grosses fortunes et se tourne à nouveau vers les travailleurs pour payer la facture, conclut Kim De Witte. En aucun cas nous ne suivrons cette logique libérale. »

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