Le député PTB Thierry Warmoes.

Ce mardi 28 septembre, une audition se tiendra à la commission de l’Énergie, de l’Environnement et du Climat de la Chambre à propos de la politique belge en matière de biocarburants dans le cadre de notre proposition de loi. Nous voulons restreindre l'utilisation de biocarburants non durables. Au début du mois, le gouvernement a conclu un accord visant à éliminer progressivement l'utilisation des biocarburants à base de soja et d'huile de palme. Mais, pour le député PTB Thierry Warmoes, c’est loin d’être suffisant.

« Éliminer uniquement les végétaux les plus problématiques comme matière première pour les biocarburants sans réduire le volume total des biocarburants basés sur les cultures agricoles ne fera que déplacer le problème d'une culture à une autre, explique Thierry Warmoes. Le gouvernement exclut désormais le soja et l'huile de palme, mais il augmente le volume total de biocarburant qui doit être mélangé au carburant fossile. Ce n’est pourtant pas du tout nécessaire pour respecter les obligations de l'UE en matière d'énergie renouvelable dans les transports. La nouvelle directive européenne sur les énergies renouvelables (RED II) permet en fait aux États membres d'arrêter complètement l'utilisation de la première génération de biocarburants, dont les dommages pour l’être humain et la planète ont aujourd’hui été largement démontrés. La ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten (Groen) travaille actuellement à une transposition de cette directive, mais nous suspectons fortement que, sous la pression des libéraux, elle renoncera à la promesse des écologistes de mettre fin à l'utilisation des biocarburants de première génération. »

« Pourtant, pour une transition efficace vers la mobilité durable, il est crucial que nous mettions un terme aux biocarburants non durables, en particulier ceux de la première génération, poursuit Thierry Warmoes. Dans un contexte de hausse des prix des denrées alimentaires dans le monde, il n'est plus justifiable de gaspiller la nourriture en la brûlant dans notre réservoir. Nous vivons à une époque où les récoltes sont de plus en plus vulnérables aux catastrophes climatiques - il suffit de penser aux dégâts causés à l'agriculture belge par les inondations du mois de juillet. Dans un tel contexte, on sacrifie d’autant moins des terres agricoles pour faire des cultures destinées aux biocarburants ! »

« Il est de plus vraiment ironique que les biocarburants offrent une bouée de sauvetage aux producteurs de combustibles fossiles au nom de la lutte contre le changement climatique, souligne Thierry Warmoes. Ce n'est pas une coïncidence si les Total, Shell et autres Chevron se lancent tous maintenant sur le marché des biocarburants. Les biocarburants leur offrent la possibilité de se donner une image verte, tout en garantissant leurs ventes de combustibles fossiles. En effet, il n’y a que très peu de moteurs à combustion qui peuvent fonctionner avec du biocarburant pur. La voiture ordinaire ne peut fonctionner qu'avec un carburant contenant au maximum 5, 7 ou 10 % biocarburant. Cela signifie qu'au moins 90 % de combustible fossile sera encore nécessaire pour faire fonctionner une voiture. »

« Les prix des carburants explosent aujourd'hui en raison de leur composante fossile, mais en fait, le mélange obligatoire de biocarburant fait en sorte que, depuis des années, les Belges paient trop cher à la pompe, s’indigne Thierry Warmoes. Les biocarburants sont en effet plus chers que les carburants fossiles et ne pourraient jamais être commercialisés sans l'obligation de mélange. Il est toutefois absurde que le gouvernement fasse rouler les voitures avec un biocarburant plus cher qui émet plus que le diesel ou l'essence ordinaire sur l'ensemble de son cycle de vie. »

« Il est grand temps d'en finir avec les fausses solutions coûteuses afin de rendre nos transports plus durables, conclut la députée. Les biocarburants - en particulier ceux de la première génération - doivent disparaître pour faire place à une véritable transition. Tel est pour nous l’enjeu de l'audition de mardi après-midi. »