Amina Vandenheuvel (Redfox) à Breendonk le 8 mai : « Nous sommes assis sur les épaules de géants »

Photo Stefaan Van Parys

Le 8 mai, nous avons commémoré la victoire sur le fascisme. Le PTB a participé à une cérémonie d’hommage et un dépôt de fleurs au Fort de Breendonk. L’événement était organisé par la plateforme « Initiative 8 mai ». Amina Vandenheuvel a prononcé ce discours au nom de RedFox, le mouvement de jeunes du PTB.

Bonjour à tous et à toutes,

 

Breendonk, la première fois. Cela ne s’oublie pas.

J’avais déjà lu sur ce sujet. J'en avais vaguement entendu parler en cours d'histoire. J’avais même vu un documentaire à la télévision.

Mais Breendonk, la première fois, cela ne s’oublie pas.

Et si aujourd’hui je suis ici devant vous. Si nous sommes ici aujourd'hui.

C'est parce que nous sommes assis sur les épaules de géants.

Les géants, ce sont ces gens ordinaires qui ont combattu le fascisme.

Qui ont combattu la haine. La terreur. La déshumanisation.

Ces géants, c'étaient des gens comme vous et moi.

Souvent des jeunes. Qui avaient toute la vie devant eux. Mais qui étaient prêts à sacrifier leur vie pour l'humanité.

Je pense à Youra Livchitz. Un jeune homme d'une vingtaine d'années, originaire de Schaerbeek.

Le 19 avril 1943, à Boortmeerbeek, il a attaqué un convoi de déportation en direction d'Auschwitz, avec deux amis.

231 personnes se sont échappées. 231 personnes sont parvenues à s’enfuir du train.

Youra a été arrêté. Puis enfermé ici à Breendonk. Et exécuté à Schaerbeek.

Youra, c'est un géant.

Le texte continue sous la photo.

« Cela s’est déjà produit, cela peut donc se reproduire » , disait Primo Levi à propos du fascisme et des camps de concentration.

Et c'est pourquoi, en tant que jeune génération, nous devons faire ce que Youra a fait. Ne pas accepter. Ne pas détourner le regard. Agir.

Car entre-temps, la relève est là. En vêtements chics, avec des chaussures qui brillent et une cravate chère. Un sourire cynique aux lèvres, Dries Van Langenhove de « Schild en Vrienden » parle de « haine de soi » lorsqu'il évoque les visites scolaires à Breendonk.

Mais si l’on considère le souvenir de Breendonk comme une « haine de soi » , alors c’est qu’on se voit dans le rôle du bourreau, et non de la résistance.

C’est qu’on se voit dans le peloton d'exécution, et non dans Youra Livchitz.

Le 8 mai doit être un jour de combat. Contre l'extrême droite. Contre le fascisme.

Le 8 mai est la journée de la résistance. De ces gens ordinaires qui, un jour, ont décidé de dire « non ». Le 8 mai est la journée de Youra Livchitz et de ses amis. Le 8 mai est la journée de tous les jeunes qui, aujourd'hui, disent « non » à la haine de l'extrême droite.

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