Pensions, index, hausses des accises... : le gouvernement recule deux fois en deux jours
Après la réforme des pensions, le gouvernement a dû reporter le blocage de l'index et la hausse des accises. C'est grâce à la pression d'en bas.
Sous la pression du mouvement social, de l'opinion publique, du PTB et des autres partis d'opposition, le vote sur la réforme des pensions du gouvernement a été reporté. Après avoir tenté de faire passer la réforme des pensions à toute vitesse au Parlement, le gouvernement a été contraint de lever le pied. Mardi 24 mars, le ministre Jambon et les partis de la majorité se sont engagés en commission des Affaires sociales à attendre d’abord l’étude d’impact du Bureau fédéral du Plan. Concrètement, cela signifie un premier report d’au moins deux semaines.
Le lendemain, le gouvernement a dû reporter le blocage de l'index et l'augmentation des accises. Cette fois, c'est le Conseil national du Travail qui a arrêté le gouvernement.
« Il est insensé que le gouvernement ait voulu faire passer le blocage de l'index et l'augmentation des accises au moment même où les prix de l'énergie s'envolent à nouveau en raison de la guerre contre l'Iran, réagit Raoul Hedebouw, président du PTB. Ce report est un premier pas pour faire complètement reculer le gouvernement sur ses projets. »
Le gouvernement est beaucoup moins fort qu'il n'essaie de le faire croire. Il ressent la pression des syndicats, du vaste mouvement social et du mécontentement général de la population.
Président du PTB
Le Parlement fédéral devait examiner les mesures budgétaires que le gouvernement Arizona voulait faire passer avec son projet de loi-programme, y compris le blocage de l'indexation automatique des salaires, des pensions et des prestations sociales, et l'augmentation des droits d'accises sur le gaz.
Cependant, le Conseil national du Travail a clairement indiqué que le gouvernement bafoue ses propres règles. Le Premier ministre De Wever a demandé un avis sur ces mesures d'indexation le 1er mars, avec un délai de 30 jours. Ce délai n'est pas encore écoulé, pourtant le gouvernement voulait déjà faire passer la loi à la hâte.
Les partis de la majorité ont dû céder et reporter la discussion sur le projet de loi-programme.
« Le gouvernement tente de faire adopter à la hâte par le Parlement des mesures radicales telles que la réforme des pensions et le blocage de l'index. Ce n’est pas un hasard : ils savent que leur casse sociale n'a pas le soutien de la population, ajoute Raoul Hedebouw. Ils se heurtent sans cesse à la résistance du mouvement social qui est dans la rue depuis 16 mois, mais aussi à des procédures et des conseils qu'ils continuent d'essayer d'ignorer. Une fois de plus, le gouvernement fait fausse route et est rappelé à l’ordre. »
Raoul Hedebouw conclut : « Le gouvernement est beaucoup moins fort qu'il n'essaie de le faire croire. Il ressent la pression des syndicats, du vaste mouvement social et du mécontentement général de la population. Ce report est un premier pas. Pour nous, toute cette politique de casse sociale qui consiste à réduire les pensions et les salaires tout en augmentant les accises doit être abandonnée. Nous ne supportons pas que ce gouvernement veuille à tout prix faire payer aux travailleurs la facture de la guerre et de la hausse des prix de l'énergie. Nous maintiendrons la pression jusqu'à ce que ces projets soient complètement abandonnés ».