Marc Botenga : « En Hongrie comme partout en Europe, c'est la mobilisation sociale qui pourra changer la donne »
Marc Botenga, député européen du PTB, réagit au résultat des élections en Hongrie : « Seize ans de gouvernement d'Orbán, c'est terminé. C'est une bonne nouvelle. »
Texte de Marc Botenga, député européen PTB
Orban était devenu un pilier d'un réseau d'extrême droite à l'échelle européenne, soutenu par Donald Trump, reliant Vlaams Belang, Rassemblement National et toute une série de partis d'extrême-droite. Orban était, ouvertement, un des outils de Trump pour s'ingérer sur le continent européen. Un parti soi-disant nationaliste qui a fait voter la dite "loi de l'esclavage" pour imposer 400 heures supplémentaires non-payées par an aux travailleurs... sur demande des patrons allemands. Un régime qui s'en prenait aux syndicats, et a même criminalisé le droit de grève dans le secteur public. Dans la même lignée, il a interdit des manifestations de toutes sortes, comme la Pride en faveur des droits de la communauté LGBTI+. Un farouche soutien d'Israël aussi.
Peter Magyar a su canaliser le rejet massif du système Orban. Beaucoup d'électeurs de gauche ont voté pour Magyar pour contrer Orban mais en se bouchant le nez. Parce que Magyar n'incarne pas une rupture. Au Parlement européen, il siège dans le groupe de droite. Il a longtemps travaillé, vécu, évolué dans l'orbite de Fidesz, le parti d'Orban. Sur le social, il est de droite, et promet dans les grandes lignes, les mêmes politiques libérales dures. Sur l'immigration, ses positions rejoignent celles d'Orban. Face à l'interdiction de la Pride à Budapest, il a choisi le silence. Ce qu'il prétend réformer, c'est d'abord la manière de gouverner, pas le cap idéologique. C'est ainsi qu'il a su gagner en promettant moins de corruption.
On voit aussi l'hypocrisie de bien des dirigeants européens qui aujourd'hui célèbrent l'élection de Magyar. Ils espèrent en premier lieu que la Hongrie suivra maintenant aveuglément la politique étrangère de l'Union européenne et se soucient pas des politiques asociales ou répressives potentielles de Magyar.
L'appareil et les réseaux mis en place par Orban depuis seize ans ne s'évaporent pas au lendemain d'une élection. Une fenêtre s'est ouverte. L'extrême-droite européenne a perdu un allié aujourd'hui. C'est important. Maintenant il faut avancer. Sans alternative de rupture sociale, la droite restera dominante, l'extrême-droite reviendra. En Hongrie comme partout en Europe, c'est la mobilisation sociale qui pourra changer la donne.