Le ministre de la guerre Theo Francken veut réduire vos droits... et militariser votre job
Dans le viseur de Theo Francken & co ? Nos droits sociaux, l'argent de nos impôts... et nos droits démocratiques. Tout ça pour instaurer une société du tout-à-la-guerre.
Le ministre Francken travaille à un nouveau code de la défense qui introduit une notion dangereuse : le « temps de crise militaire ». À côté du « temps de paix » et du « temps de guerre » apparaîtrait une catégorie intermédiaire floue, définie comme une « perturbation grave de l’ordre public ».
Avec une définition aussi large, le gouvernement pourrait invoquer des pouvoirs exceptionnels sans qu’il soit question d’une véritable guerre : déployer l’armée lors de conflits sociaux, face à de soi-disant « menaces hybrides »… ou tout simplement quand ça l’arrange. Pensez aux incidents de drones de l’année passée. Francken parlait déjà à l’époque de « crise militaire », alors qu’il diffusait des images d’un hélicoptère de police en les présentant comme s’il s’agissait de drones russes.
Les conséquences d’un « temps de crise militaire » seraient énormes.
La Défense aurait la priorité sur les autoroutes et les voies ferrées. Les autorités pourraient réquisitionner des moyens de transport, des stocks médicaux, des centres de données, des infrastructures et des canaux médiatiques. Des personnes pourraient être appelées temporairement : informaticiens, infirmières, ingénieurs, chauffeurs, techniciens… Ceux qui refusent risqueraient des amendes allant jusqu’à 40 000 euros, voire deux ans de prison.
Du jour au lendemain, vous ne seriez plus médecin, mais médecin de guerre. Plus informaticien, mais quelqu’un chargé de mener des cyberattaques. Plus conducteur de train, mais transporteur de matériel militaire. Plus jeune travailleur, mais future chair à canon. Vous plaidez pour la diplomatie et la paix ? Alors, selon eux, vous êtes naïf dans le meilleur des cas, ou traître à la patrie dans le pire.
« C’est à vous de faire en sorte qu’ils ne puissent pas utiliser ce code de la défense à leurs propres fins », déclare le professeur Yf Reykers. « Cela me donne quand même des frissons », dit à juste titre Orry Van de Wauwer de Pax Christi. Car ce qui est présenté aujourd’hui comme de la « sécurité » ouvre la porte à une société qui pense en permanence en termes de crise, de menace et de contrôle.
Mais plus fondamentalement encore : que font réellement nos gouvernements pour éviter que nous nous retrouvions en « temps de crise militaire » — ou pire encore, en guerre ?
Que font-ils pour ne pas devenir complices de Trump et Netanyahu, les principaux va-t-en-guerre d’aujourd’hui ? Que fait ce gouvernement pour empêcher la guerre ? Quand avons-nous encore entendu parler de diplomatie, de désarmement ou de coopération internationale ? Jamais.
À la place, nous avons plus d’armement, plus de dissuasion, et maintenant aussi des lois qui permettent aux autorités de réquisitionner les moyens de la société.
La vraie sécurité ne se construit pas en préparant une société à la guerre en permanence.
La vraie sécurité se construit avec la diplomatie, la protection sociale et la prévention des conflits.
Rendez-vous le 14 juin à Bruxelles pour la manifestation européenne « Welfare not warfare / La justice sociale, pas la guerre »