Le gouvernement doit à nouveau adapter sa réforme des pensions : la lutte paie
Pour la sixième fois, le gouvernement a dû revoir sa réforme des pensions. Jan Jambon et ses collègues mordent la poussière, car les conséquences de leur réforme deviennent de plus en plus évidentes.
La pression venant de la base continue de produire des résultats. Après des mois d'actions syndicales et d'indignation publique face aux conséquences antisociales des plans de pension du gouvernement De Wever-Bouchez, celui-ci a dû faire à nouveau quelques concessions cette semaine.
Les personnes ayant pris un congé de paternité voient enfin cette période assimilée pour le droit à la pension anticipée. C'était tout simplement aberrant que ce congé ne soit pas reconnu auparavant.
Les personnes travaillant à mi-temps qui, certaines années, n'ont pas suffisamment de jours effectivement travaillés, peuvent désormais reporter des jours d'une année à l'autre.
Les personnes pouvant actuellement partir en pension anticipée ne perdront aucun droit de pension en raison de la réforme. Pour elles, la réforme n'entrera donc PAS en vigueur le 1er janvier 2027.
Le Bureau du Plan avait déjà été clair dans son analyse d'impact : les plans de réforme feraient augmenter la pauvreté parmi les pensionnés, accroîtraient les inégalités et creuseraient l'écart entre hommes et femmes.
Ces faits rendent totalement indéfendables les beaux discours des partis de la coalition — « nous allons récompenser le travail », « nous sauvons la pension de nos enfants ».
Il reste encore beaucoup à stopper
Nous repoussons les partis de l'Arizona. Dans le même temps, il reste encore de nombreuses injustices que nous voulons empêcher.
Un accident du travail, par exemple, n'est toujours pas assimilé pour le droit à la pension anticipée à partir de 60 ans après 42 années de travail.
Le malus reste également particulièrement injuste. Il touche près de quatre femmes sur dix, qui ont de toute façon déjà une pension plus faible. Deux personnes sur trois qui vont recevoir un malus ont une pension minimum. Avec un malus en plus, elles percevront une pension en dessous du seuil de pauvreté. C'est tout simplement inhumain.
Les plans du gouvernement ne visent pas à sauver nos pensions. Ils veulent simplement en payer moins. Et ce n'est pas la même chose.
« Le gouvernement vole des droits de pension acquis et ne résout rien », déclare notre spécialiste des pensions Kim De Witte. « Les cotisations sociales pour la sécurité sociale sont progressivement démantelées, le débat sur le travail faisable n'est pas mené, les employeurs ne sont pas responsabilisés... Les plus grandes victimes sont nos enfants : ils devront travailler jusqu'à 70 ans si nous continuons dans cette voie. C'est pourquoi nous disons : no pasaran ! »
Rendez-vous à la nouvelle manifestation des syndicats et de la société civile à Bruxelles le 12 mai.