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L’accord budgétaire en Flandre : un nouveau coup au pouvoir d’achat

Entre coupes dans les services publics et hausse des taxes, l’accord budgétaire du gouvernement flamand porte un nouveau coup au pouvoir d’achat au nord du pays. Face à ces politiques d’austérité, la résistance s’organise.

Jeudi 1 octobre 2026

Jos D’Haese à un arrêt de De Lijn.

Le gouvernement régional flamand (N-VA, Vooruit et CD&V) s’apprête à couper drastiquement dans toute une série de services. « D’abord, il va réduire fortement les allocations familiales, explique Jos D’Haese, chef du groupe PTB au Parlement flamand. Avec la suppression des allocations familiales pour le deuxième enfant, une famille perdra au moins 1 300 euros. Et la mesure qui prévoit de supprimer les allocations familiales entre 23 et 25 ans lorsqu’on poursuit encore ses études pourra coûter jusqu’à 11 000 euros par enfant aux familles. »

Le secteur des soins est également dans le viseur : le gouvernement flamand prévoit d’y faire 300 millions d’euros d’économies. Les services publics seront quant à eux amputés d’un demi-milliard d’euros, avec pour conséquence une réduction de la qualité et une augmentation des coûts pour les gens. De nouveaux moyens sont retirés à De Lijn (le réseau de transport en commun flamand) et à la VRT (la chaîne publique flamande), au point qu’une partie de l’offre du service public audiovisuel pourrait désormais devenir payante.

Notons que les économies que le gouvernement reporte sur les villes et les communes se feront, elles aussi, sentir dans le portefeuille des citoyens, via des taxes communales plus élevées ou des services de moins bonne qualité.

Aux économies s’ajoute une hausse des taxes : la taxe sur l’achat d’un logement moyen va augmenter de 4 000 euros en moyenne via les droits d’enregistrement. Le prix des titres-services augmente lui aussi, ce qui coûtera encore plusieurs centaines d’euros supplémentaires aux familles.

N-VA et socialistes flamands, main dans la main vers l’austérité

La N-VA, le parti de Bart De Wever, prétend qu’il n’y a pas d’autre choix que de faire des économies sur les enfants et le personnel des soins, alors qu’elle s’est battue tout l’été pour pouvoir continuer à verser des millions d’euros de subsides à des aéroports accueillant des jets privés.

Et Vooruit (les socialistes flamands), dans tout ça ? « Ils sont entrés dans ce gouvernement en promettant de grands investissements dans les soins, rappelle Jos D’Haese. Que reste-t-il encore de cette promesse après ces coupes massives ? Quelle perspective ce gouvernement offre-t-il encore aux habitants de Flandre ? Des entreprises s’en vont, la qualité de l’enseignement est sous pression et, dans les soins, le personnel se bat pour garder la tête hors de l’eau. Les seuls qui semblent échapper aux économies sont les neuf ministres. »

Régionaliser pour mieux régner

Depuis les premières réformes de l’État entamées en 1970, de plus en plus de compétences ont été transférées du fédéral vers les Régions et les Communautés. Ce morcellement ne rend pas les politiques plus efficaces. Au contraire, il fragmente les droits sociaux et met davantage les travailleuses et les travailleurs en concurrence. Les allocations familiales en sont un exemple : autrefois organisées au niveau fédéral, elles ont été régionalisées lors de la Sixième réforme de l’État en 2014. Elles sont aujourd’hui gérées par plusieurs administrations, avec des droits différents selon l’endroit où l’on vit.

Résultat : quand le gouvernement flamand s’attaque aux allocations familiales, le gouvernement wallon embraye. Malgré les promesses de campagne des Engagés (300 euros d’allocations familiales par mois et par enfant), le gouvernement wallon MR-Engagés menace aujourd’hui de toucher aux allocations familiales pour boucher les trous dans le budget. La régionalisation sert à mieux faire passer l’austérité.

Face à l’austérité, la résistance s’organise

« Au lieu de protéger le pouvoir d’achat alors que les prix explosent, le gouvernement flamand rend la vie encore plus chère, note Jos D’Haese. Et cette politique suscite déjà beaucoup de résistance, des syndicats au monde associatif, en passant par les villes et les communes. » La Gezinsbond (Ligue des familles en Flandre), par exemple, a vivement réagi aux coupes dans les allocations familiales, dénonçant une « attaque contre les familles ».

Les syndicats ont qualifié les économies dans les soins et le bien-être d’« inacceptables » et n’excluent pas des actions. En cas de licenciements ou de pertes de salaire dans les services publics, leur message est clair : « S’ils veulent la guerre, ils vont l’avoir. » Une grève est par ailleurs déjà annoncée le 12 octobre à la VRT.

Face aux projets de coupes dans la recherche, les recteurs de la VUB, de l’UGent, de l’UAntwerpen, de l’UHasselt et de la KU Leuven ont immédiatement pris la plume : « Que le gouvernement flamand réalise aujourd’hui de lourdes économies dans la recherche fondamentale est inexplicable », écrivent-ils.

Dans de nombreuses communes aussi, bourgmestres et échevins font entendre leur voix. À Malines, on dénonce « un mépris pour les pouvoirs locaux, exprimé de manière extrêmement brutale ».

Prochain rendez-vous pour s’opposer aux politiques d’austérité dans tout le pays : vendredi 9 octobre à Bruxelles, à l’occasion de la manifestation syndicale nationale.