Ingérence de l’ambassadeur des États-Unis : « Washington a une stratégie et ils l’appliquent »
« Aucun ambassadeur, pas même l’ambassadeur américain, n’a à s’immiscer dans le processus judiciaire de notre pays ou dans notre législation, écrit Peter Mertens, secrétaire général du PTB. Encore moins à se préoccuper de ce que Conner Rousseau ou son manager en "personal branding" publient sur Instagram. Notre pays n’est pas un État vassal des États-Unis. »
« Si notre gouvernement est sincère dans sa condamnation de cette ingérence, il ferait bien d’entamer une thérapie sans tarder, afin de se sevrer de son syndrome de Stockholm : "celui qui nous menace" (pensez aux tarifs douaniers, au Groenland, au soutien à l’extrême droite européenne, aux interventions dans notre politique intérieure) est pourtant qualifié de "partenaire", déclare le secrétaire général du PTB.
Si notre gouvernement est sérieux, alors il doit aussi mettre en place une commission parlementaire pour examiner tous les liens en jeu dans cette affaire, afin d’éviter que le principal parti au pouvoir, la N-VA, ne s’en tire avec quelques mots de jargon écrits sur les réseaux sociaux. À Davos, notre Premier ministre peut parler d’un "État vassal heureux" et d’un "esclave malheureux", mais pendant ce temps, le député N-VA Michaël Freilich, à New York, lèche les bottes de l’administration Trump en implorant une intervention dans la justice et la législation belges. Et, dans le même temps, Theo Francken peut continuer à commander à tour de bras des avions de combat F-35 chez le géant américain Lockheed Martin. »
Les États-Unis veulent mettre l’Europe sous pression de l’intérieur, de la diviser et de l’affaiblir. Et pour y parvenir, ils utilisent notamment leurs ambassades, y compris celle de Bruxelles.
Secrétaire général
« Si notre gouvernement est sérieux, il ne faut pas balayer cette affaire comme la poussière sous le tapis en prétendant qu’il s’agit simplement d’un ambassadeur peu conventionnel, peu soucieux des codes diplomatiques, poursuit Peter Mertens. Il ne faut pas dépolitiser systématiquement la situation, et il est temps de cesser de faire la sourde oreille face à ce que le vice-président US JD Vance a déclaré l’an dernier à la Conférence sur la sécurité de Munich ; de fermer les yeux sur ce qui est écrit dans la nouvelle Stratégie de sécurité nationale (NSS) de Washington ; et d’ignorer ce que Marco Rubio a affirmé cette année à Munich.
Washington a une stratégie. Elle est couchée sur papier. Et elle la met en œuvre. Son objectif est de mettre l’Europe sous pression de l’intérieur, de la diviser et de l’affaiblir. Et pour y parvenir, les États-Unis utilisent notamment leurs ambassades, y compris celle de Bruxelles. Les États-Unis construisent aussi leur propre réseau avec leurs vrais alliés : l’AfD en Allemagne, Orbán en Hongrie, et des figures comme Michaël Freilich chez nous.
Il est temps que cela fasse l’objet d’une enquête approfondie, menée par une commission parlementaire spéciale. »